Mémoire des juifs marocains : un bel événement

Notre dernier événement pour l’année 2019 a eu lieu samedi 16 novembre 2019 dans un lieu chargé d’ histoire. L’hôtel Dupanloup, ancien archevêché d’Orléans,  devenu pour un temps bibliothèque municipale et maintenant géré par l’Université d’Orléans, qui le réserve au passage  d’ hôtes de qualité et chercheurs de renom. A droite la synagogue – la xième en date :  La première avait été détruite vers 560 sous Childebert et la seconde  qui se trouvait dans l’actuelle  rue de Bourgogne aux numéros 218-220 devint  vers 1193  sous Philippe Auguste, sinistre période durant laquelle les juifs furent bannis du royaume la chapelle  Saint Sauveur.  L’actuelle synagogue a été  inaugurée en 1971  et se situe dans   l’ancienne chapelle de l’Evêché située au nord-est  de Sainte-Croix. 

A l’entrée de notre  salle une oeuvre d’art éphémère  composée d’agrandissements de cartes postales de la première moitié du siècle extraite d’un diaporama composé pour l’occasion à partir de deux collections de cartes postales privées .

Ces cartes constituent un précieux témoignage de la vivacité de la communauté juive au Maroc jusqu’au début des années 50 et illustrent à la perfection le propos de notre conférencier Jonas Sibony :  qu’y-a-t’il de  commun entre ces différentes personnes, sinon d’être marocain(e)s de religion juive ? Certes pas l’appartenance à une même classe sociale, pas même une unité linguistique!  Chacune d’entre elles a son histoire, produit de l’Histoire, résultat de mouvements migratoires, de mélange de cultures et de traditions.  N’en est-il pas ainsi pour la plupart d’entre nous?

Un exemple : Carte des mouvements migratoires des populations juives entre 1100 et 1600

Pour écouter la rediffusion de la conférence de Jonas Sibony sur Radio Campus

Lors de cette conférence nous avons également appris que les juifs sefarades -acception courante en Europe pour désigner les maghrébins de confession juive-  ne représentent en fait qu’un petit pourcentage  de ces populations.

Diwan-Centre crée des ponts entre les cultures et Guillaume Dettmar  nous a offert un pont musical entre un standard de la musique juive algerienne « lillah yal Ghadi lessahra » et le celébrissime  » dourbiha chibani dourbi ha » marocain. Vous voulez connaître le résultat. Et bien écoutez et regardez  en cliquant sur le lien ! Vous allez adorer

Mémoire du judaïsme marocain

Un événement Diwan-Centre le samedi 16 octobre 2020

à la Salle Dupanloup – Orléans

S’il est un sujet qui nous tenait particulièrement à cœur, c’est bien celui de la culture séfarade  parce que l’ on y retrouve toute la Méditerranée et toutes sortes de formes d’art :  la musique bien sûr, mais aussi les bijoux, les vêtements, la cuisine, le théâtre,  le cinéma, l’humour…

Nous avons le plaisir de vous proposer un événement exceptionnel dans un lieu d’exception :  l’Hôtel Dupanloup .

Merci à l’Université d’Orléans qui a accepté de l’accueillir.

Nos invités

Izza Genini

Jonas Sibony

Guillaume Dettmar

Interview des invités sur  « Mosaïques » , une émission de Radio Campus .

Pourquoi aborder ce thème  en commençant par les juifs du Maroc ? Parce que c’est désormais dans le monde entier et notamment en France que cette culture  ancrée dans le patrimoine culturel marocain  est transmise et continue à vivre ,   car  depuis  1947 et pour diverses raisons- parmi lesquelles la création de l’état d’Israël, l’ indépendance du pays , la guerre des six jours, la   montée des intégrismes et des nationalismes – les juifs marocains ont   émigré   en Israël , en France, en Belgique,  au Québec, aux USA… Cette communauté dont la présence au Maroc datait de plus de 2000 ans, voire des Phéniciens   et représentait 5 à 10 % de la population marocaine,  a quasiment disparu en l’espace de deux générations laissant  un vide incommensurable.

De quand datait la présence juive au Maroc?  Qu’en est-il des tribus berbères judaïsées? Les juifs y ont-il été persécutés comme en Europe?  Comment vivaient-ils? Pourquoi la communauté la plus importante du monde arabe en dehors du proche Orient  a t-elle quitté le Maroc en masse alors qu’elle y avait été relativement épargnée par la Shoah ?  Cet article ne ferait  qu’effleurer la question.  Pour en savoir plus venez écouter Jonas Sibony   samedi 16 novembre à 19 heures à la Salle Dupanloup.

extrait d’une interview de Jonas Sibony

Et venez voir le film d’Izza Genini et échanger avec la réalisatrice et auteur de ce film autobiographique qui raconte les retrouvailles de sa famille dispersée de par le monde à Oulad Moumen  au sud de Marrakkech  sur les lieux qu’elle a quittés.

extrait du film « Retrouver Oulad Moumen »

On retrouve dans la culture séfarade  des influences berbères, arabes et latines. C’est ce qui fait sa richesse.  Prenons l’exemple de la langue :  Les « Megorachim » (renvoyés d’Espagne après la chute d’Al Andalus)   ont ramené avec eux  le ladino. Un vocabulaire  latin à base d’espagnol du quinzième siècle  et une syntaxe hébraïque.  La version marocaine du ladino est le haketia.

On ne peut parler de la culture séfarade sans évoquer sa musique.

une composition de Guillaume Dettmar qui nous fera l’honneur de quelques airs sefardis

Son théâtre traditionnel : le matrouz

Ses bijoux. Un art qui est aussi celui des berbères : en effet Un certain nombre de tribus berbères sont juives . On ne sait pas exactement  de quand date cette judaïsation .

Ses vêtements savamment brodés

caftan en velours brodé de fils d’or

femme rbati 

Sa cuisine.   Nous avons d’ailleurs récemment consacré un article à la pastilla de Fez, plat emblématique de la cuisine marocaine et vraisemblablement créé  ou ramené  par les « renvoyés ».

la pastilla :  un plat Renaissance typiquement séfarade 

Sans oublier l’humour qui ne date pas de Gad El Maleh !

 

Légende manuscrite en bas à gauche « Si savate y son meziane ! Si li trous qui sont makache meziane » [« Ces chaussures sont bonnes ! C’est les trous qui sont pas bons »]

PERI, Pierre- Marrakech, Maroc, 20e siècle, 1er quart
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple – 75003 Paris

Les juifs marocains ou marocains juifs ont créé des associations qui  œuvrent pour la sauvegarde de la culture judéo-marocaine.  Un musée a ouvert en 1997.

Le musée du judaïsme à Casa

Les synagogues des principales villes sont en cours de rénovation, ainsi que certains mellah (anciens quartiers juifs), …

Deux musées dont nous recommandons la visite et où sont exposés les objets de la vie quotidienne.  Nous nous nous contenterons quant à nous de quelques agrandissements d’un diaporama exclusif  créé à partir d’une collection de cartes postales privées, témoins de la mémoire des juifs du Maroc .

  

Pour en voir et en savoir plus rendez vous le Samedi 16 novembre 2020 à partir de 19h  à l’hotel dupanloup_  Entrée libre.  Libre participation aux frais .

La Pastilla : un plat Renaissance

Qui ne connaît  pas la pastilla, ce plat emblématique de la cuisine  fassie et de la cuisine juive  marocaine ? C’est un  feuilleté farci d’un mélange d’oignons, de  morceaux de volaille-poulet , ou mieux pigeon ou pintade, viandes au goût plus prononcé  -, d’amandes, et d’épices -safran, cannelle, gingembre, poivre- et de sucre. 

Ce mets sucré -salé,  très raffiné  est saupoudré de sucre glace et de cannelle. 

Beaucoup d’historiens s’accordent à dire que la pastilla  a des origines hispano-mauresques.  « La cuisine marocaine a emprunté au second registre [Andalousie] le goût pour l’association sucré-salé, […], l’usage codifié des épices et des condiments, les préparations complexes comme les feuilletés (bastilla et mhanncha) et les volailles farcies (maamar)

Michel Aufray et Michel Perret (dir.), Cuisines d’Orient et d’ailleurs, Éditions Glénat, 1995, (ISBN 2723417921), on peut lire, p. 278 :

Cependant les Algériens vous diront qu’ils ont aussi leur recette de pastilla et que les berbères avaient des recettes approchantes, ce qui n’est pas contradictoire puisque les berbères comptent de nombreuses tribus juives et qu’ils ont suivi les mouvements migratoires. Toujours est-il que de de nos jours la pastilla   existe internationalement sous de nombreuses formes qui n’ont plus grand chose à voir avec la recette d’origine, sinon l’idée d’une feuilleté farci, sucré ou salé.

 

 

La  renaissance de la pastilla : aux fruits de mer , aux légumes, au foie gras,  au lait …

Une recette aux infinies déclinaisons, qui ne cesse de se réinventer .

 

 

A l’occasion du concours de cuisine Renaissance organisé pour Festiv Asso 2019, Diwan-Centre qui a pour objet les croisements de culture va présenter ce plat  inattendu dans ce concours, car il ne figure pas explicitement dans les livres de cuisine des maîtres queues italiens de l’époque ,  Maître Martino ou Christoforo Messibugo. Pourtant il y a toute sa place et ce ci pour plusieurs raisons.

 

Histoire

Le terme « pastilla » est un mot dérivé du terme  latin  « pasta » . C’est en pleine Renaissance, lors de la Reconquista et de la chute d’Al-Andalus, en 1492, que les réfugiés maures (juifs et musulmans) ont emporté avec eux une multitude de recettes dont les feuilletés farcis. (la farce pouvant varier).

– en Afrique du Nord au Maghreb et notamment à Fez où est née la pastilla, qui était et constitue toujours un plat d’exception.

– et en Europe : Portugal : les pastels / Corse : les bastelles / France : pastis gascon . Le pâtissier en France à l’époque de la Renaissance désignait d’ailleurs  celui qui confectionnait des plats cuisinés dans une pâte.

La pastilla

le pastis gascon

les pastels portugais

les bastelles corses

Ingrédients

La pastilla est un plat sucré-salé dans un feuilletage. Ces deux éléments sont caractéristiques des goûts à  la Renaissance

Sucre : le sucre a été lui aussi ramené par les espagnols qui le cultivaient depuis le 9° siècle en Andalousie. «  la saveur sucrée est tellement appréciée que l’on demande aux cuisiniers d’en saupoudrer viande et poissons » ( Jean Bruyerin -Campier , médecin de François Premier )

farce : Amandes, cannelle, safran, gingembre , viande de volaille . Ce mélange utilisé pour la farce se retrouve dans des plats Renaissance comme le blanc manger. Ces ingrédients étaient déjà présents dans la cuisine du Moyen Âge.

Feuilletage : Cette technique venue d’Orient mise au point par les cuisiniers arabes et ignorée des maîtres queux pendant le Moyen Âge fut redécouverte à la Renaissance. Le cuisinier italien Scappi fabriquait des feuilletés salés ou sucrés. L’arrivée du beurre dans la cuisine en facilitait grandement  la préparation. Il y a fort à parier que la recette de ce mets d’exception a voyagé d’un pays à l’autre via Venise et  figuré au menu des puissants de l’époque :  Charles Quint , Mohamed el Cheikh,  Soliman le magnifique,  François Premier.

 

La pastilla traditionnelle est ronde et l’on y découpe des parts.  Mais on peut aussi trouver des présentations individuelles : mini pastillas rondes, ou en triangle ou en rouleau. C’est celles que nous avons choisies pour permettre à ceux et celles qui visiteront notre stand de tester cette recette.

La rentrée de Diwan Danses D’Orient

Les vacances d’été se finissent et il est temps pour les associations d e penser à la rentrée. Vous avez aimé notre spectacle et nos prestations en 2018 /2019? Vous avez très envie d’apprendre à danser oriental? Alors n’hésitez pas une seconde : L’atelier de danses orientales de Diwan-Centre est fait pour vous. Ci dessous le flyer des cours.  Les cours d’adulte  animés par Claire et Samira se déroulent  les mercredis et jeudis soirs à l’espace Olympe de Gouges -Orléans -la Source (arrêt chèque Postaux par le tram).  Le cours d’enfant animé par Anna sera à la MDA Sainte Beuve . Le premier cours d’essai est gratuit . Nous commençons le 11 septembre .

Nous tenons un stand à Rentrée en Fête Rue Royale le 8 septembre. Vous pourrez venir vous y renseigner plus amplement, voire vous inscrire. Nous ferons quelques démonstrations de chorégraphies ce jour là.

11h50 Rue F. Rabier ; 14h et 15h Parvis de la Cathédrale ; 16h40 et 17h40 rue Royale


● 200 € pour 1 cours hebdomadaire d’1h30 (niveaux débutant, intermédiaire 1, 2 ou avancé)
● 100 € pour les 8 ateliers (3/11 ; 17/11 ; 1er/12 ; 15/12 ; 12/01 ; 26/01 ; 09/02 et 1er/03)
● 275 € cours + 8 ateliers
● 300 € 2 cours hebdomadaires
● 375 € 2 cours hebdomadaires + 8 ateliers

+adhésion à l’association Diwan-Centre : 15 euros -Étudiants et demandeurs d’emploi : 5 euros

enfants : 125€ + 5€ d’adhésion, soit 130€

Paiement en 3 fois possible (encaissement octobre, novembre et décembre)

Renaissance : L’ Italie en Région Centre-Val de Loire ; « Rencontres fort twitt »

La Région Centre-Val de Loire est connue pour ses châteaux dont beaucoup datent de la première  Renaissance :  Chambord, Blois, Amboise, Chenonceau,  Azay le Rideau, pour ne citer que les plus célèbres.  C’est   là que  séjournaient les rois de France qui ont fait construire ou modifier ces châteaux  au goût de l’époque. Dans l’ordre : Louis XI (1423) , Charles VIII, Louis XII, François 1° , Henri II, François II, Charles IX, Henri III, Henri IV (mort en 1610). Et n’oublions pas Catherine de Médicis ! 

Orléans, Tours, Blois, Chartres, Montargis, Bourges … toutes nos villes  regorgent   de bâtiments dans ce  style,  inspiré de  la Renaissance italienne et qui emprunte  à l’architecture gréco-romaine. On recherche l’esthétique, l’harmonie, les structures régulières. Sur  les façades, les lucarnes,  les cheminées,  des pilastres, des colonnes doriques, ioniques,  des médaillons, des candélabres, des motifs végétaux.

Château de Chambord

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est 200905-marche-volaille-dans-vieil-orleans-5.jpg.

Le Vieil Orléans  : Maison de Jean d’Allibert

 

Cependant ces éléments décoratifs italiénisants sont adaptés au goût français et à la région . On remarque ainsi l’usage de la pierre de tuffeau, d’ardoises, de briques ou bien la présence d’éléments décoratifs se référant à l’architecture gothique ou au Moyen-Age , comme le donjon, dont on cherchera vainement trace dans les bâtiments italiens.

Diwan-Centre dont l’objet est de s’attacher aux croisements de cultures est partie à la recherche  de ces artistes venus d’Italie ou formés en Italie -architectes, peintres, sculpteurs, graveurs, danseurs  …- qui ont oeuvré dans notre région à cette époque charnière pour l’histoire de l’Europe, qui a commencé avec le déclin de l’empire byzantin et coïncidé avec la chute de Constantinople. A l’occasion des 500 ans de la mort de Léonard de Vinci, la Région Centre-Val de Loire a mis son nom à l’honneur. Cependant la Renaissance française a duré plus de deux siècles et Léonard n’a passé que les trois dernières de sa vie dans notre Région. D’où l’intérêt de ce modeste tour d’horizon aux accents d’Italie.

Des architectes français formés en Italie

Un premier élément mérite d’être souligné : Nombre d’architectes français ayant participé à la construction des bâtiments emblématiques de la Renaissance française ont été formés en Italie . Nous allons vous en présenter trois parmi les plus connus, ainsi que certaines de leurs réalisations dans notre région.

Jacques Premier Androuet du Cerceau

Jacques 1° Androuet du Cerceau

Hotel Groslot-Orléans

Hotel Cabu -Orléans

Choeur de l’église Ste Madeleine

Architecte de l’Hotel Groslot à Orléans qui a servi de cadre à notre« flashmob » . On lui attribue aussi l’hôtel Cabu. Les deux édifices conjuguent le vocabulaire décoratif de la Renaissance : fenêtres, arcades, superposition des trois étages côté cour, comme dans les villas palladiennes, tout en s’adaptant aux traditions locales comme la brique.

Jacques Androuet du Cerceau   avait été fortement marqué par ses deux voyages en Italie et la découverte de Palladio.

Philibert de L’Orme

Né en 1510, issu d’une famille de maîtres-maçons, Philibert De L’Orme partit pour Rome en 1533 pour étudier les monuments antiques et se retrouva baigné dans l’architecture de la Renaissance italienne. Rentré en France en 1537 sur les conseils du cardinal Jean du Bellay, ambassadeur de France à Rome, il fut alors introduit à la cour et se mit au service de François 1er puis d’Henri II. Premier homme à être nommé architecte du roi, il fut l’architecte d’une partie du Louvre.

On lui doit le pont du château de Chenonceau, qui rappelle étrangement le Ponte Vecchio. De même  le Chateau d’Anet construit pour Diane de Poitiers entre 1547 et 1552, et notamment son portique d’entrée comportent de nombreuses références à l’architecture gréco-romaine.

Plus tard il résida à Montargis auprès de Renée de France, veuve du duc de Ferrare. Encore et toujours l’Italie ! Il aurait fait les plans pour la rénovation du Château et ceux du choeur de l’église paroissiale Sainte Madeleine , partie la plus remarquable de l’église avec des vaisseaux très élancés qui ont tous la même hauteur, ce qui rappelle certaines églises milanaises.

Philibert de l’Orme

 

Le pont du château de Chenonceau

Ponte Vecchio (Italie)

 

Jean Bullant

Revenu en France vers 1540 après de longues études à Rome, l’architecte du Palais des Tuileries est entré en 1570 au service de Catherine de Medicis et a poursuivi le travail de Philibert de l’Orme en réalisant la galerie du château de Chenonceau (15761577).

 

Jean Bullant

Galerie du Château de Chenonceau

 

De nombreux artistes italiens en Région Centre-Val de Loire

Léonard de Vinci -bien sûr

Qui dit Renaissance dit Léonard de Vinci (1452/1519) qui a passé les trois dernières années de sa vie au Clos Lucé à Amboise, suite à l’invitation de François 1°. Mais qu’a- t-il réalisé en fait en si peu de temps dans notre région?

François Ier l’avait nommé “Premier peintre, premier ingénieur et premier architecte du roi”, ce qui laisse quelques libertés….En fait, il était surtout  “Maître des divertissements” , chargé d’organiser des fêtes aussi extraordinaires qu’à  la cour des Médicis.  Il créa  des scénographies époustouflantes au grand émerveillement du noble public  :  par exemple la reconstitution de la bataille de Marignan avec 10 000 figurants costumés, ou encore une voûte céleste parcourue par le mouvement des astres,  sans parler des jets d’eau somptueux.

Il lui confia aussi des  projets plus ambitieux : le fameux escalier à double révolution de   Chambord,  les premières esquisses d’un canal entre la Loire et la Saône et les plans du nouveau palais de Romorantin : Un double palais de part et d’autre de la Sauldre relié par des ponts, des écuries royales, une ville quatre fois plus importante que Chambord,  future cité idéale qui n’a jamais vu le jour.

Escalier à double révolution du château de Chambord

Plan du futur palais de  la cité idéale

: Croquis attribué à Léonard de Vinci, encre sur papier, XVIème siècle © Romorantin, le Projet oublié, Musée de Sologne, Romorantin-Lanthenay, France.

La renommée de Léonard a quelque peu éclipsé la présence dans notre Région de nombreux autres artistes de l’école italienne.  Il faut savoir qu’ à cette époque les artistes voyagaient beaucoup et n’hésitaient pas à s’expatrier lorsqu ‘ils avaient trouvé un mécène.  Et de ce point de vue la vallée des rois française était un bon plan . Allons à la rencontre de quelques uns de ces artistes!

Francesco Laurana (1430/1502) : sculpteur

Francesco Laurana était né vers de 1430 à Vrana, près de Zara dans ce qui était à l’époque la Dalmatie vénitienne. (aujourd’hui la Croatie ). Il avait commencé son apprentissage comme sculpteur, puis fait carrière à Naples pour Alphonse V d’Aragon. Après la mort de celui-ci, en 1458 il fut appelé en France, à la cour du Roi René qui était aussi roi de Naples. Celui ci lui commanda une série de médaillons. Il travailla  aussi pour les princes, les grands officiers et plus tard pour le roi Louis XI. Il est l’auteur du masque mortuaire d’Agnès Sorel, favorite de Charles VII, exposé au musée du Berry de Bourges et aussi de la célèbre médaille de Louis XI.

masque mortuaire d’Agnès Sorel

https://webmuseo.com/ws/musees-bourges/app/collection/record/10111

Cliché Béatrice de Chancel- Bardelot, Ville de Bourges, 2005

médaille de Louis XI

(BnF, vers 1465, Cabinet des Médailles, Paris)

Fra Giovanni Giocondo- Jean Joconde (1433/1515) : architecte

Fra Giovanni Giocondo est connu aussi par son nom français de Jean Joconde. Il entra en 1495 au service de Charles VIII. Il a travaillé de 1495 à 1505 au château d’Amboise . On lui doit également toujours à Amboise l’hôtel Joyeuse et probablement Château Gaillard, le plus italien des Châteaux de la Loire.

Ces trois  bâtiments qualifiés de « gothique -Renaissance » sont très éloignés du style italien. En fait le château semble avoir été conçu comme un appendice du jardin, qui fut le premier jardin d’acclimatation en France. Tout semble démontrer que Charles VIII, subjugué par la beauté des palais lors de sa première campagne d’Italie,  semblait chercher à prolonger son rêve italien et que l’architecte s’est adapté aux goûts du mécène.

Hôtel Joyeuse -Amboise

Château Gaillard-Amboise

Château d’Amboise

Guido Mazzoni (1450/1518) : sculpteur, peintre , enlumineur

Connu pour ses personnages en terre cuite. Après un bref séjour en Italie en 1507, il revint en France en 1496 où il fut t embauché en tant que peintre et enlumineur au service de Charles VIII, puis de LOUIS XII. Il travailla au château de Blois réalisant deux statues du roi : l’une en costume de chasse et la seconde, en pierre, comme monument équestre placé à l’entrée du château.

 

Livre d’heures de Claude de France exposé à l’Université de Cambridge

 

Statue du Roi Louis XII  à l’entrée du Château de Blois

Dom Pacello da Mercogliano (1453/1534) : moine jardinier

La première Renaissance en France est celle des jardins, à partir de 1496.

Dom Pacello, moine jardinier, connu comme le génie des jardins de Poggio Reale et 22 artisans Italiens revenus avec le jeune Roi de France Charles VIII, ont travaillé au premier jardin Renaissance : celui de Château Gaillard et sans doute à celui d’Amboise. Un jardin Renaissance à l’italienne est parfaitement symétrique . Les statues et les thèmes d’eau -fontaines, cascades, jets d’eau sont également placés selon des principes mathématiques pour entretenir la symétrie mis en forme par un théoricien italien : Léon Battista Alberti (1404-1472)« De re aedificatoriae », ou « de l’art d’édifier« .

Dom Pacello, paysagiste

le jardin de Château Gaillard

 

 

Domenico Bernabei da Cortona , Boccador (1465/1549) : menuisier et maître maçon

Formé à Florence, Domenico fut amené en France par Charles VIII, en 1495. Valet de chambre d’Anne de Bretagne (1507), « faiseur de chasteaux et menuisier« , il semble avoir travaillé d’abord à des ouvrages de sculpture et à des projets de décorations éphémères. Maître des œuvres de maçonnerie à partir de 1514, il a participé aux plans du château de Chambord dont il a réalisé un modèle en bois (perdu mais documenté) d’après les idées de Léonard de Vinci. Il est intervenu dans la construction du château, commencé en 1519.

On lui doit également les greniers à blé souterrains d’Amboise connus sous le nom de « Greniers de César ». Ces greniers comportent deux parois, une première paroi dans la pierre, et une seconde en briques avec un vide d’air entre les deux .

 

Boccador

Les greniers de César à Amboise

Giovanni Di Giusto di Betti (1485/1549)- la famille Juste

La famille Juste est une famille de sculpteurs italiens de l’école de Tours. Giovanni di Guisto, établi dans cette ville, connu sous le nom de Jean Juste Premier est l’auteur du tombeau bien connu de Louis XII et Anne de Bretagne à la basilique Saint Denis et d’un certain nombre d’autres : Et aussi de celui de Jean de Rieux à Ancenis , celui de Thomas Bohier et de son épouse dans l’église Saint-Saturnin de Tours, celui de l’abbé Louis de Crevant, à Vendôme.

Son neveu Juste de Juste (1505-1559),né et mort à Tours a travaillé comme stucateur sous les ordres de Rosso Fiorentino puis du Primatice au château de Fontainebleau

Tombeau de Louis de Crevant à Vendôme (BNF Gallica)

Tombeau de Louis XII et Anne de Bretagne à la Basilique Saint Denis. 

 

Francesco Melzi : peintre (1491/1570)

Elève et compagnon de Léonard de Vinci, Melzi l’a suivi en France en 1516. On sait par un document conservé aux archives nationales qu’il recevait de François 1er une pension de 800 écus pour deux années (1517 et 1518) .

Après la mort de Léonard il est resté un temps à Amboise pensionné par le roi . Puis il est retourné en Italie sans doute vers 1520 ou 1521 et a passé le reste de sa vie à gérer tant bien que mal l’héritage du maître , s’efforçant de rédiger d’après ses notes un « traité de la peinture » . Peintre amateur, on lui attribue un tableau exposé à la Gemäldegalerie de Berlin, inspiré d’un carton de Léonard de Vinci représentant la déesse Pomone. Aucune trace de son séjour à Amboise. Une sanguine datant de 1510 signée et datée de sa main est exposée à Amboise .

Vertumne et Pomone

Francesco Melzi– autoportrait

Musée Bonnat, Bayonne

Gian Giacomo Caprotti da Oreno dit « il Salaino » , Salai : peintre

Il était entré au service de Léonard en 1490 à l’âge de 10 ans. Un an plus tard le « petit diable » avait volé de l’argent et des objets de valeur et avait dépensé une fortune en vêtements, dont vingt-quatre paires de chaussures. Les carnets de Léonard des premières années de leur relation contiennent beaucoup d’images de l’adolescent qui servit de modèle à de nombreux tableaux comme le Saint Jean Baptiste. Il resta son serviteur et son assistant durant les trente années suivantes et le suivit lui aussi à Amboise. Mais en 1518 il s’en retourna en Italie. Il pourrait être l’auteur de la « Mona Vanna », la Joconde nue peinte en 1515, mais les spécialistes n’en sont pas bien sûrs.

Salai

Mona Vanna

André Alciat/ Alciati ( 1492/1550 ) : juriste écrivain

Professeur de droit il a enseigné à deux reprises à Bourges (la première fois en 1529-1533). Alciati faisait partie des premiers jurisconsultes qui ont uni l’étude de l’histoire à celle des lois, afin d’éclairer l’une par l’autre.

Humaniste, c’ était un correspondant d’Érasme. Ses « Emblemata« , le premier livre d’emblèmes, s’inspirent des « Adages » d’Érasme pour leur composition en forme de collections et ses références à l’Antiquité . Les deux recueils connurent un vif succès dès leur parution et fournirent aux hommes de la Renaissance des modèles et des clés qu’ils allaient utiliser dans leur vie intellectuelle et sociale.

Portrait d’Andrea Alciati par

musée des Beaux-Arts d’Angers

 

Les emblèmes d’Alciat

Baltassare de Belgiogoso , Balthazar de Beaujoyeux (1535/1589) : musicien, chorégraphe

Violoniste et chorégraphe d’origine italienne naturalisé français, il est envoyé en France vers 1555, à la tête d’une bande de violons recommandée à Catherine de Médicis . Par la suite valet de chambre des souverains Henri II, Henri III, François d’Alençon, Catherine de Médicis, Marie Stuart, il est devenu incontournable. Passé « violon du roi », maître à danser et maître des divertissements, il était en charge de l’organisation d’intermèdes, de mascarades, etc… Très riche, il possédait entre autres propriétés une closerie aux environs de Blois, en bordure de la forêt royale.

 

Balthazar de Beaujoyeux

Bal de la Reine

Jean Pastilla

C’est le mariage de Catherine de Médicis avec le futur roi Henri II qui a permis au savoir-faire italien de pénétrer la France et de contribuer au développement de la confiserie. Jean Pastilla, l’un des trois pâtissiers confiseurs italiens de Catherine de Medicis a répandu en France la mode de la pastille à base de gomme arabique et de sirop de sucre, qu ‘il n’avait pas inventée puisque Horace évoquait 30 ans avant JC les pastilles parfumées.

Catherine de Médicis

les pastilles de Vals

Côme Ruggieri (?)/1615)- astrologue

Cosimo Ruggieri de son nom d’origine également dénommé Cosme Ruggieri ou Cosme de Rogier était astrologue et conseiller de Catherine de Medicis.

De nombreux auteurs relatent une prophétie informant Catherine de Médicis des règnes de ses fils et de leur durée. La scène se serait déroulée au château de Chaumont-sur-Loire vers la fin de 1559.

Le passage de Ruggieri à Chaumont-sur-Loire est matérialisé dans le château par une pièce qui porte son nom et par un portrait réputé le représenter.

Chambre de Ruggieri au château de Chaumont sur Loire

Come Ruggieri

Cet article n’est sans doute qu »un mince aperçu de la présence et de l’influence italienne à la Renaissance dans notre région . Si vous voulez en savoir plus sur ces « Rencontres fort twitt » passez donc à notre stand le 12 octobre à Festiv Asso!

Un flashmob signé Diwan-Danses d’Orient pour Festiv Asso 2019 : Entrez dans la danse!

Le 12 Octobre 2019 aura lieu le 7° « Festiv Asso ». « Festiv Asso » c’est la fête du quartier Orléans la Source, organisée à l’initiative de la Maison des Associations où Diwan-Centre a son siège comme une soixantaine d’autres associations.

Cette année le thème est la  » Renaissance ».

La faute à Léonard mort il y a cinq siècles à Amboise. Une occasion comme une autre de revisiter cette période que l’on limite souvent à Léonard et à la Renaissance italienne, oubliant au passage le rôle capital joué par les Byzantins et par le voyage des connaissances et des arts via la Méditerranée. « Renaissance » ou « renaissance »? En tout cas il y a un programme exceptionnel avec de 11h à 19 h un spectacle éblouissant au TGP, sur la scène extérieure, au Conservatoire, des animations partout et pour tous , de la restauration sur place, et même un concours de cuisine Renaissance. Et il n’est pas interdit de venir avec une fraise, un chapeau à plumes, un pourpoint ou une robe Renaissance… Vous pourrez y retrouver Diwan-Centre au stand et vous renseigner sur nos activités à la rentrée, participer au flashmob « celebration » concu et animé par la troupe Diwan Danses d’Orient que vous pourrez retrouver à 17h sur la scène du TGP avant de vous faire hypnotiser. Le lien ci dessus vous mène directement à la chorégraphie , mais en dessous du programme vous avez des explications détaillées concernant le flashmob et les pas.

Parlons du flashmob ! Claire Coudyser , animatrice de l’atelier « Diwan-Danses d’Orient » a créé une chorégraphie à danser collectivement, bref un flashmob, sur la musique de « Celebration ». La renaissance de « Kool and the Gang » revisité d’ailleurs. Cliquez sur le lien du teaser de l’événement tourné dans le mythique Hotel Groslot, on ne peut plus Renaissance, dans des costumes revisités eux aussi. Vous comprendrez mieux!

https://drive.google.com/file/d/1WjwCfoWmXkFDfYgW1o_7hL0s_GYgYh43/view?usp=sharing

Le 12 Octobre nous proposerons par 3 fois à tous les participants de venir danser avec nous . Et comme l’équipe d’animation a pensé à tout, vous pouvez visionner à volonté le clip pour apprendre à danser cette chorégraphie entrainante.

Pas de panique ce n’est pas très compliqué. Comme dans tout flashmob on entre quand on veut dans la danse. Free style . Et si l’entrée vous embrouille, vous pouvez même démarrer quand vous entendez « Celebration ». Appelons ce passage « Celebration ». Vous le retrouverez 3 fois. Vous reconnaîtrez également aisément les pas du madison . (2 fois) . Le film est bien fait et permet de s’y retrouver . Un petit tableau ci dessous avec le minutage pour repérer les reprises, si vous êtes perdu-e-s.

 

Repère dans le texte et la musique

Pour les pas correspondants à chaque couleur regarder la video

 

jusqu’à 1 : 14 free style

« there’s a party going on »

entrée : 1 : 14 à 1 : 29

« celebration »

De 1 : 29 à 1 : 44

« it’s time to come together

De 1:46 jusqu’à 1:56

« Come on »

De 1 : 27 jusqu’à 2 : 25

Let’s celebrate

Transition deux secondes

madison

De 2 : 25 jusqu’à 2:41

« Come on now »- Celebration it’s time to come together -come on

celebration, it’s time, come on…

De 2 : 41 à 3 : 38

reprendre tout l’enchainement

 

« We’re gone have a good time tonight , let’s celebrate»

Free style de 3:38 à 3 : 53

« Celebration »

De 3:53 à 4 : 07

Batterie/

danser comme sur « come on »

De 4:07 à 4 : 37

 

« Celebration time »

De 4 : 37 à 4:50

madison

De 4 : 50 à la fin

Merci à Orleans Images et aux danseurs et danseuses, membres ou amis de Diwan-Centre qui nous ont accompagnés dans cette folle aventure. Nous avons testé le flashmob avec le public de notre spectacle « Magie d’orient ». Full success!! A vous maintenant d’entrer dans la danse et de nous rejoindre le 12. d’ailleurs vous retrouverez la troupe de Diwan Danses d’Orient sur la scène du TGP à 17 h. Venez nombreux! Vous ne le regretterez pas!

Magie d’Orient , le nouveau spectacle de Diwan-Danses d’Orient

Espace Scénique Montission -Saint Jean le Blanc
Samedi 22 juin à 20h 30

Extrait video du final du spectacle Les Diwaness à Raqs Oé

Invitation au voyage et à la fête , florilège de costumes colorés et originaux, de styles de danse extrêmement variés qui vont de la traditionnelle sharki égyptienne, au shaabi décomplexé en passant par des fusions étonnantes avec le modern jazz, ce spectacle féérique est conçu par Claire Coudyser, animatrice de l’atelier de Danses orientales de Diwan-Centre . Top secret jusqu’au jour J , mais pour vous faire une idée vous pouvez cliquer ici. Il y a quelques vidéos récentes de nos prestations cette année.

A l’entracte vous pourrez vous rafraîchir à la buvette et déguster nos pâtisseries accompagnées d’un thé à la menthe ou d’une boisson fraîche .

Mais qui sort de la lampe d’ Aladdin ?

Le magicien Jordan Dewost qui a plus d’un tour dans son sac . Cliquer sur le lien pour une petite compilation Jordan Dewost. Mais où est le truc ? Top secret !

ô

Cette soirée sera l’occasion de pratiquer juste avant l’entracte le flashmob « Renaissance  » conçu par Diwan-Danses d’Orient en avant- première de Festiv Asso 2019. Ce flashmob sera filmé le 9 juin avec des tenues évoquant la Renaissance dans la cour de l’Hôtel Groslot . Vous pouvez encore venir nous rejoindre ce jour là à condition d’apprendre la chorégraphie, d’accepter d’être filmé et de venir en tenue claire! Cette vidéo -en tenue shaabi décomplexée-est filmée par Jawad Agzoul. Photographe de talent, Jawad avait exposé par deux fois pour Diwan-Centre il y a dix ans …(le temps passe) .

répétition du . flashmob Cliquez sur le lien pour voir la chorégraphie .

Alors n’hésitez pas et prenez vos places pour le 22 juin ! Les portes ouvrent à 20h . Il y aura une billetterie sur place aussi.

Contact . danseo45@gmail.com – Tel : 06 75 24 00 29 –

Résonances

Martin Wable est un jeune auteur aux multiples facettes. Auteur de nouvelles et de poésie, créateur d’une revue « Journal de mes paysages », il a publié La Pinède (2012), Snobble et Le Livre de Wod (2015) aux éditions maelstrÖm, et Prismes (2014) aux éditions de la Crypte et « Géopoésie » qui a reçu en 2015 le prix de la vocation de la fondation Bleustein-Blanchet.

Extrait de l’évènement « Résonances  » à Orléans

« Terre Courte » est inspiré par un voyage en Afrique de l’Ouest , et particulièrement au Bénin . L’oeuvre est illustrée par des photos de Julie Merlo et la lecture soutenue par la musique de Bélèroots au didjeridoo.

Ci dessous une composition sur cet instrument traditionnel des aborigènes. On pense suite à l’analyse d’une peinture rupestre, qu’il aurait 30 000 ans ! Comme Martin Wable le didjeridoo a voyagé à travers le monde et on le retrouve dans toutes sortes de musiques actuelles.

L’art ne connaît pas les frontières. Martin Wable nous transporte dans tous les pays du monde, d’un continent à l’autre avec ses mots, sa voix, sa respiration. La soirée est en entrée libre.

C’est le 25 mai au Vieux Comptoir , 1 Rue Pothier à Orléans.

Des nouvelles de Diwan Danses d’Orient

Créé à la rentrée de Septembre 2018, l’atelier Diwan Danses d’Orient va bon train avec ses trois groupes : en tout 25 danseuses et danseurs répartis en trois niveaux : Débutants , intermédiaires et avancées et des ateliers de pratique un dimanche par mois qui permettent d’élargir le pannel des styles de danses travaillées.

Mais OUI! Vous pouvez venir nous voir! Voici l’agenda des mois à venir

Pour le Festival « Raq’s Oé à Notre Dame d’Oé, c’est trop tard! C’était dimanche 17 Mars. Mais vous pouvez visionner en cliquant sur le lien ci dessous la magnifique prestation des Diwaness .

prestation des Diwaness au festival Raq’s Oé

Vous pourrez également les voir

  • le 15 juin au restaurant  » L’Univers » à Place d’Arc
  • le 20 juin à l’hôpital de Fleury les Aubrais (après-midi)

ET surtout le 22 juin 2019 pour le spectacle  » Magie d’Orient à l’espace Montission de Saint Jean le Blanc. Save the date !

Ce ne sont pas les premières prestations de Diwan Danses d’Orient. Petit flash-back sur les mois précédents.

1)Prestations sur les scènes de Rentrée en Fête à Orléans le 6 septembre

Diwan danses d’Orient à rentrée en fête

2)Le 15 Décembre à Ormes dans le cadre d’une collaboration de Diwan- Centre avec la troupe Tra Na Rossan sur la pièce d’Abdellatif Laâbi :  » Le baptème Chacaliste » , une dabké d’enfer sur la dernière scène de la pièce.

3) le 6 Décembre 2018 participation à l’AFM Téléthon Salle Pellicer

Diwan Danses d’Orient au Téléthon 2O18

3)Pour fêter Noël un chorégraphie dans le thème…

(lien vidéo sous la photo)

Notre chorégraphie pour Noël

4) Le 2 février 2019 au restaurant « L’Univers » à Place d’Arc

Et pour terminer un scoop. Le prochain « Festiv » Asso aura lieu le 13 octobre. Et quoi de mieux qu’un flash-mob concocté par Claire, animatrice de Diwan danses d’Orient pour inviter le public à participer à ces festivités dont le thème sera la Renaissance ?

Soixante-treize « Poilus » venus du Maghreb, morts pour la France à Orléans

 

 L’hommage de Diwan-Centre

Soixante-treize soldats venus d’Afrique du Nord sont morts à Orléans pendant la grande Guerre. Soixante-sept d’entre eux reposent dans le carré militaire du Grand Cimetière d’Orléans. Qui sont-ils ? D’où venaient-ils? Pourquoi  Orléans?Diwan-Centre a mené l’enquête avec l’aide des Archives municipales d’Orléans qui ont relayé cet article sur leur site et publié un avis de recherche concernant l’homme qui pose en gare d’Orléans .

http://archives.orleans-metropole.fr/r/647/la-grande-guerre-les-honneurs-aux-victimes-de-guerre/

http://archives.orleans-metropole.fr/a/3850/qui-est-cet-homme-qui-pose-devant-un-wagon-de-blesses-en-gare-d-orleans-en-aout-1915-/

Archive privée

Août 1915-

Un homme pose devant un wagon de blessés en gare d’Orléans. Il est en djellaba, et tient dans sa main gauche, une canne au pommeau sculpté.  Nous sommes dans la seconde année de la Grande Guerre et la France recrute à tour de bras dans ses colonies et notamment en Afrique du Nord. Il n’est pas en tenue militaire. Peut-être est-ce un des  travailleurs coloniaux, venus à Orléans pour faire tourner les usines de la région et remplacer les hommes partis au front? On sait par exemple que la sucrerie de Pithiviers employait massivement des kabyles.

Est-il algérien, marocain ou tunisien ? Que fait-il dans cette gare?

Sa chechia ou son turban  évoque une  tribu kabyle :  peut-être  les Ait Yala,  une tribu  du département de  Constantine  du temps de la colonisation française.  Il pourrait s’agir par exemple d’  Abdallah Ben Amar Meraidi, conducteur de train, originaire de cette ville, décédé à l’hôpital mixte d’Orléans deux mois avant la fin de la guerre,  des suites d’une maladie contractée pendant le service. Il faisait partie du 5° Escadron du train des équipes militaires. (5° EMTM).

Le train revêtait une importance capitale car la ligne de front n’était pas  en Région-Centre : les trains amenaient les nouvelles recrues  directement depuis leur port d’arrivée sur  le front. Beaucoup prenaient le bateau ou le train pour la première fois. Les trains ramenaient aussi les blessés. Orléans servait de gare de transit.

Train de troupes indiennes quittant le Camp de Cercottes (Orléans) pour le front Source : Troupes indiennes 1914 1915

La gare d’Orléans était le point stratégique d’arrivée de toutes ces populations. Les rapports de la police municipale détaillaient pour chaque convoi en partance vers le front, le nombre de soldats, leur nationalité, leur provenance .Choc réciproque facile à imaginer : Pour les intéressés, qui à en lire la légende de la carte postale précédente « emplissaient leurs yeux de la vision de  nos paysages « (!) comme pour la population orléanaise, qui découvrait  ces   étranges  étrangers-dont les quelques 90 000 soldats de l’Indian Corps qui transitaient par le camp de Cercottes où ils recevaient une formation d’une journée au maniement des nouveaux fusils.

Ils découvraient aussi  les maghrébins,   ceux que le maréchal Juin  appellera plus tard « les démons en djellaba »,  car ils passaient pour se battre jusqu’au dernier souffle.

« Disciplinés au feu comme à la manœuvre, ardents dans l’attaque, tenaces dans la défense de leurs positions jusqu’au sacrifice, supportant au-delà de toute prévision les rigueurs du climat du nord, ils donnent la preuve indiscutable de leur valeur guerrière ».

(Alexandre Millerand,  ministre de la guerre, puis président de la République à propos de la Division Marocaine,  qui malgré son nom comprenait des combattants issus des trois pays du Maghreb. )

Le fait est, que pour la plupart, les maghrébins n’avaient aucune formation ou expérience militaire en dehors des soldats de métier, engagés volontaires avant la guerre et que l’adaptation au terrain, au climat, à la guerre a du être rude, d’autant plus que les  nouvelles  recrues d’Afrique du Nord dont le recrutement était devenu indispensable à partir de 1915 compte tenu de l’hécatombe des premiers mois de la guerre,  étaient lancées directement dans la bataille.

« Avec le début des hostilités(…)les combattants algériens, tunisiens et marocains ainsi que les spahis sont envoyés sans grande préparation en première ligne aux côtés des Troupes d’Afrique Noire et des Européens d’Afrique du Nord.  »

Le 7° régiment de tirailleurs algériens

Environ 260 000 soldats d’origine maghrébine ont perdu la vie durant la première guerre mondiale. Les chiffres diffèrent  selon les sources . L’Algérie, département français, a fourni le plus gros contingent de soldats venus d’Afrique du Nord. En effet à partir du 9 octobre 1915, tout Algérien était mobilisable à partir de 18 ans. Environ 180 000 Algériens ont combattu dans l’armée française. A ce chiffre il faut rajouter les quelques 120 000 travailleurs coloniaux venus d’Algérie qui faisaient tourner les usines

Si les Algériens n’avaient guère le choix, les Marocains et les Tunisiens, qui vivaient sous le protectorat français,  n’avaient pas obligation de s’engager. D’ailleurs les volontaires ne se bousculaient pas : Au Maroc Liautey avait besoin de troupes « indigènes » sur place car le pays était encore largement insoumis. En Tunisie, un pays  qui  avait fait partie de l’empire ottoman jusqu’en 1881, les engagés volontaires allaient devoir combattre pour la première fois aux côtés de la France contre les Turcs. La situation était complexe dans les deux cas , mais la France a réussi à mobiliser environ 71 000 Tunisiens et 40 000 Marocains envoyés en grande majorité sur le front français.

Il y eut des engagés volontaires, attirés par la promesse de primes et indemnités diverses.

Deux  vignettes de l’excellente BD « Le tirailleur » de Pietro Macola et Alain Bujak-Futuropolis-2004-

16 000 Tunisiens, 11 000 Marocains mourront au champ d’honneur, soit environ  un sur quatre- comme pour  les soldats de la métropole.

Ne reposent dans le carré militaire que les soldats morts à Orléans dont les familles n’ont pas réclamé le corps.

Orléans n’était pas sur la ligne de front,  mais son territoire était placé depuis le 4 septembre 1914 dans la zone des armées.  La ville qui comptait sept casernes, vivait  au rythme de l’afflux des blessés. Soixante-sept soldats d’Afrique du Nord,  morts pour la France ,  y sont enterrés dans le carré militaire  dit « cimetière musulman » du Grand Cimetière.  Six autres ne sont pas dans le cimetière militaire mais sont mentionnés comme décédés à Orléans pendant la guerre et étaient enterrés au Cimetière  en 1919.

Plan du Carré Musulman en 1919. Le chiffre de 60 tombes  est mentionné sur le document. Certaines tombes de la liste sont dans d’autres sections du cimetière militaire. Des variations notables sur la transcription des noms et prénoms rendent la comparaison avec le plan actuel peu aisée.

 38 Algériens, 13 Tunisiens, 9 Marocains  et 13 soldats dont on ne connaît pas la nationalité et parfois pratiquement rien.  Pour certains, elle est  déduite de leur corps d’appartenance,  mais on ne connaît pas leur  lieu de résidence ou de naissance  précis.  Quand aux trois travailleurs coloniaux Messaoud ben Mohammed, Mohammed Ben Mohammed Ben Bou et Belouar Arezk Ben Mohamed, nous n’avons que leur nom et la date de leur décès.   Identifiés puisqu’ils sont morts à l’hôpital, mais leurs dossiers n’ont pas suivi. Diwan-Centre a relevé par croisement de données les informations dont nous disposons.

Base de données des 67  « hommes » * venus d’Afrique du Nord   et reposant dans le  carré militaire au Grand Cimetière d’Orléans (plus les 6  décédés aussi à 0rléans,  mais absents du cimetière militaire).

*Un lecteur a attiré notre attention sur la connotation négative au départ du mot « Poilu » employé par les hauts gradés  pour désigner les soldats dans les tranchées. Il ne s’appliquait pas aux travailleurs coloniaux. Entre temps le mot « Poilu » a  perdu cette connotation, C’ est même un titre de gloire. 

L’hôpital auxiliaire 21, 1 Rue Pasteur- Orléans (90 lits)

Tous sont décédés dans des hôpitaux d’Orléans, suite à leurs blessures ou à des maladies contractées pendant le service.  Il s’agissait le plus souvent de locaux temporaires, auxiliaires-administrés par la Croix Rouge-, ou complémentaires-gérés par l’état. On avait réquisitionné à cette fin  des  châteaux, des écoles, des églises, car l’hôpital de la Porte Madeleine, qui ne comptait  que 1100 lits, ne pouvait pas  accueillir tout le monde. Pas moins de 42 lieux, de 20 à 130 lits chacun,  furent ainsi utilisés pendant toute la guerre pour accueillir les flots de blessés.

(Voir plan interactif de la ville pendant la guerre sur le site des archives municipales.  Sous chaque icône se cache une fiche concernant le lieu.)

Ainsi l’hôpital 42 est l’actuel Collège Jeanne d’Arc . Trois des  soldats de notre liste y sont décédés.:  Abdelkader El Maroufi, Ali Ben Mohamed ben Ahmed  et Messaoud Ben Mohamed.

Des avis de décès paraissaient dans la presse locale. Ci dessous par exemple l’avis de décès d’Ammar Ben Messaoud dans le Journal du Loiret.

Source: Aurelia bibliothèque numérique d’Orléans

Les hôpitaux d’Orléans étaient des hôpitaux « de l’intérieur ». Les blessés arrivaient de la ligne arrière – 300 à 400 kilomètres plus loin – par des trains sanitaires équipés de brancards qui permettaient aux soignants de circuler, ce qui veut dire que ces blessés  ne faisaient pas partie des « urgences » traitées sur place. On avait juste paré au plus pressé : pansement, sérum antitétanique et dans le meilleur des cas un peu de morphine

Embarquement de blessés attendant sur des civières dans un train-hôpital à  la gare de Cambrai en 1916 – Source : le figaro histoire

Les fiches à remplir par l’administration militaire  sont en général muettes sur la nature des blessures ou sur les maladies contractées par ces soldats. L’une d’entre elles, celle du tunisien Ammar Ben Messaoud, mentionne une « gangrène gazeuse. », l’infection la plus commune et la plus redoutée, vu les conditions sanitaires.

 

 

 

Son compatriote Ahmed Ben Brahim Ben Hadj est mort quant à lui d’une tuberculose pulmonaire et osseuse. Quant à Ghoul Mohamed Ould Kaddour décédé  en Décembre 1918 après l’armistice il n’a pas survécu à la « grippe sur une  infection généralisée » .

Il s’agit vraisemblablement de la grippe espagnole, une pandémie mondiale qui a fait 50 millions de morts en 1918.

Les fiches évoquent  pudiquement des « suites de blessures » sans en donner la nature  et rarement la date, ce qui ne permet pas de savoir combien de temps les blessés ont  souffert.  Mais quelques informations ressortent malgré tout.

Ainsi pour le malheureux engagé volontaire algérien gravement blessé Amligh Ben Ammar cela a duré trois semaines.  Son compatriote le Sergent Bouhaik Abdelkader, malade depuis février 1916 a mis six mois avant de mourir.

Mourir de ses blessures ou vivre toute sa vie avec une gueule cassée ou un corps amputé tel était le lot de tous les  blessés de la grande guerre.

 

Lettre de demande d’aide pour une jambe artificielle Source : site des archives municipales d’Orléans

Le maghrébin qui en réchappait après avoir subi une amputation, n’avait vraisemblablement pas les moyens de s’acheter une prothèse.
En témoigne cette lettre d’un tirailleur resté à Orléans qui écrit au Président de la République pour lui demander une aide pour acheter une jambe artificielle  en lieu et place du pilon de bois qui lui sert dorénavant de jambe.

Un article des « Chroniques du centenaire de la Guerre de 14/18 » ( le Monde- 24 Octobre 2014 ) laisse même  entendre que les autorités françaises hésitaient à renvoyer chez eux les blessés de guerre maghrébins de peur que cela ne dissuade les jeunes recrues potentielles de s’engager.

La structure de l’Armée d’Afrique est complexe, mais les maghrébins enterrés à Orléans sont pour la grande majorité « tirailleurs », ce qui nous évite des explications compliquées.

Les Marocains sont issus à une exception près du premier régiment de tirailleurs marocains et sont décédés en majorité en 1915 dans la seconde année de la guerre, qui fut la plus meurtrière. Ce régiment d’élite, qui avait été formé le 1° Janvier 1915 suite à la disparition complète des Troupes Auxiliaires Marocaines  décimées lors de la bataille de la Marne, comptait 5000 hommes. Seuls 700 en ont réchappé. Les tirailleurs marocains de cette unité ont participé à toutes les grandes batailles de la guerre : la bataille de l’Ourcq,  la bataille d’Artois en 1915, puis les batailles de Verdun et de la Somme et plus tard l’offensive du Chemin des Dames.

Un seul marocain, Brahim Ben Mohammed, était  un spahi, soldat professionnel appartenant à un corps de cavaliers de prestige. La seconde division dont il faisait partie était en première ligne.

 

Malgré son expérience lui aussi est  mort dès le début de la guerre le 5 octobre 1914.

Les Tunisiens sont tous du 8° régiment de tirailleurs, décédés entre 1916 et 1917. Ce régiment était aussi en première ligne et a fait Verdun, Douaumont et le chemin des Dames.

Les tirailleurs portaient des tenues militaires différentes selon leur pays d’origine et leur grade, avec de nombreuses variantes, en général plutôt colorées. Mais pour survivre il faut se fondre dans le paysage et ces couleurs en faisaient des cibles de choix. (Le rouge garance des français n’était guère plus judicieux!) . Sur le terrain  il fallait de toutes façons se protéger du froid .

« Puis, au fur et à mesure que la guerre se prolongeait et que le nombre des Marocains à habiller croissait, on leur distribua les mêmes effets qu’à toute l’infanterie française, mais en drap kaki, comme à l’Armée d’Afrique. De sorte que les documents nous montrent, dès 1915, une grande variété dans la coupe des vêtements : vareuses à collet droit à collet rabattu, à un rang de boutons, à deux sarouals et culottes, djellabas et quelques capotes. »En 1915, le casque fut distribué, orné du croissant des tirailleurs. Naturellement, furent aussi distribués les effets de tranchée : passe-montagne, gants de laine, chandails, chaussettes. »

(Extrait de l’article « Uniformes et traditions » par le Colonel Sabretaches)

Tirailleurs  tunisiens en gare d’Austerlitz . Source : Allhuffpost maghreb

 

 

 

 

Tirailleur marocain

Spahi

Tirailleurs algériens dits  » turcos »

 

Quant aux tirailleurs algériens, les plus nombreux dans ces hôpitaux  orléanais, ils sont issus des neuf premiers régiments de tirailleurs algériens et les décès vont du début à la fin de la guerre. Neuf appelés algériens sur 36 soit un sur quatre sont morts dès le début de la guerre en Septembre et Octobre 1914 : Amligh Ammar (43 ans), Mohamed Benaïssa (30 ans),   Chouarfia Miloud, Delbouzi Ahmed (37 ans)-Ali Ben Habett  (20 ans),  Kanfousse Mulud Ben Larbi, Meslem Abdelkader et  Mohamed Ben Ahmed.

Certains avaient des galons dans l’armée française : Les algériens Rabah Mohamed et  Abdallah Ben Amar Meraidi  (20 ans),  le conducteur de train, avaient le grade de caporal .   Le tunisien  Abdelkader Bouhaik (45 ans) était sergent, tout comme son beaucoup plus jeune compatriote Amor Ben Hadj ( 23 ans) .  Des grades qui sont dans la logique des choses en ce qui concerne ces deux derniers, puisque les tunisiens étaient plutôt des engagés volontaires, faisant ou envisageant une carrière dans l’armée française . On peut cependant remarquer  qu’aucun d’entre eux n’avait dépassé le grade de sous-officier. A cet échelon de l’armée la mort frappait indifféremment . Les sous-officiers tombaient souvent les premiers et ceux ci ne font pas exception;

Dans les faits tous sont morts pour la France. Pourtant ils ne figurent pas tous sur le site « Mémoire des hommes ».

 

 

 

Certaines fiches  remplies par le corps d’origine sont absentes,  d’autres  ont été remplacées comme dans  le cas de Bachir Abdelbi par des fiches partielles postérieures qui n’indiquent rien d’autre qu’une date de décès. ( Dans son cas la fiche originale existe, il s’agit juste d’une erreur de transcription du nom! )

Par ailleurs la fiche remplie par le corps ne représente qu’une partie du dossier militaire du soldat. Pour en savoir plus,  il faudrait pouvoir accéder au registre matricule du soldat où tout est consigné dans le moindre détail.   Lorsqu’il s’agit d’un soldat français né en métropole, c’est assez facile lorsqu’on connaît l’année de naissance et le lieu de résidence à l’âge de la conscription. Mais pour ce qui est des maghrébins,  les recherches dans les fichiers en ligne de l‘ANOM, même en possédant les informations demandées,  aboutissent peu en l’état actuel des choses.  La plupart des dossiers existent, puisque les fiches du « Grand Mémorial » en sont issues, mais y accéder est une démarche complexe à faire au cas par cas sur place ou par courrier,  lorsqu’on a suffisamment de données pour aboutir.

Il est vraisemblable que l’information du décès  n’est pas parvenue dans toutes les familles et ce pour plusieurs  raisons:

L’administration française a manifestement eu du mal à consigner correctement l’identité des soldats qu’elle avait pourtant su recruter : il n’y avait pas encore d’état civil en Afrique du Nord et nos soldats décédés à Orléans sont désignés par leur prénom, par exemple « Ali » ou « Mohamed » en lieu et place d’un nom de famille, suivi de leur identité généalogique dans leur tribu d’origine, ou dans leur douar,  « ben » ou « bou » ou « ould » signifiant fils de… Les dates de naissance sont « estimées ».  Difficile sauf exception de remonter à la famille par un registre d’état civil. L’adresse  exacte du domicile au sens où nous l’entendons aujourd’hui  est donnée sur une seule des fiches, mais  on mentionne assez souvent la tribu ou le douar ce qui devait en principe permettre de faire redescendre l’information. Mais parfois la fiche comporte peu d’indications, pas même celle du bureau et de la date de recrutement.

Il y a aussi beaucoup d’homonymes. Ainsi il existe 96 Ahmed Ben Ahmed et il est bien difficile de retrouver la fiche  de celui qui est mort à Orléans  sur le Grand Mémorial.

Cependant même si certaines démarches n’ont pas abouti,  le bas des fiches prévu pour l’enregistrement du décès montre une volonté de transmission à l’autorité locale.

Ainsi dans le cas de l’algérien Draouzia Ben Abbas dont la famille réside manifestement dans une commune où les registres d’état civil sont bien tenus, l’on peut-être certain que la nouvelle du décès est parvenue  au moins à la mairie.

 

Seule l a fiche de Krifs Abdelkader dit  explicitement que sa famille a été prévenue.

 

 

 

 

 

La fiche ci-contre montre que l’administration  a recherché en vain la famille du marocain   Mohamed Ben Ahmed, recruté à Kenitra, sur la ville voisine de Petitjean , aujourd’hui Sidi Kacem, où se situe son douar natal Oulad Bou Said. Ils ont cherché la famille aussi à Ksiri. Le nom de tribu rayé « Beni Hssen » est pourtant le bon .

Le trait qui barre la fin de la fiche montre  que l’on n’a pas  pu transmettre la nouvelle du décès à ses proches.

 

On remarque aussi que l’on n’a aucune information sur le premier de la liste Abd Mohammed sinon la date de son décès et son identité militaire. De même pour Beni Allah Aïssa. Sans doute les noms ont-ils été mal notés. Un demi-malheur par rapport à ces centaines de milliers de soldats inconnus dont on a  retrouvé le corps sans pouvoir l’identifier.

Pour toutes ces raisons, s’il est aujourd’hui possible à des descendants de retrouver  où leurs ancêtres poilus français ou allemands sont tombés,  c’est mission quasiment impossible pour ce qui est des soldats maghrébins. Les forums regorgent de ce type de demande d’aide à la recherche, qui restent sans réponse. Inversement nous n’avons pu retrouver sur les sites de généalogie aucun descendant des 73 disparus. Peut-être cela viendra-t-il par la diffusion et le partage de cet article.

Tous sont morts pour la France et la plupart d’entre eux ont la mention « mort pour la France », une récompense morale, qui honore le sacrifice des combattants morts aux champ d’honneur et des victimes civiles de la guerre. Elle confère aux victimes une reconnaissance et un statut individuel,  ainsi qu’ à leurs  ayant-droits : une sépulture individuelle et perpétuelle dans un cimetière militaire aux frais de l’État, une pension de veuve de guerre, un statut de pupille de la Nation pour les enfants du « mort pour la France. »

Lorsqu »il ne disposait pas d’assez d’informations pour indiquer sur la fiche de décès si le soldat avait droit à la mention  » Mort pour la France » ou pour répondre à la demande de cette mention par la famille , le Maire d’Orléans  écrivait à l’autorité militaire .  Nous avons trouvé  la fiche du maire concernant (H)Ali Ben Habett (Abed) . La réponse ne peut-être que positive vu la nature de la mort : « péritonite due à une plaie pénétrante dans l’abdomen ».   Impossible de savoir si la famille a  réclamé et reçu la pension correspondante.

Une autre fiche de ce type accorde à Reboub  Otman cette même mention. Il ne figure pourtant sur aucun des documents, ou sites  et n’est pas enterré à 0rléans, du moins pas dans le carré militaire. Il est vraisemblable que peu de familles ont réclamé la pension par manque d’information. Nous n’avons trouvé en tout cas  dans le dossier des demandes de pension conservé aux Archives Municipales aucune lettre concernant l’un  des soldats du « cimetière musulman ».

Parmi les algériens,  certains  figurent dans le livre d’or du ministère des pensions .

Pour Alger :  Nefouci Mohamed et  Raffed Ramdan Ben Said .

Pour Boghar : Kanfousse Mulud

 

La recherche se fait par ville. Mais il est le plus souvent impossible de savoir dans quelle ville chercher.

Bien que le « Souvenir Français » qui assure l’entretien de ce cimetière militaire depuis sa création ait honoré sans aucune exception les tombes d’une cocarde  « mort pour la France », la lecture des fiches remplies par le corps d’appartenance montre que quelques soldats de cette liste n’ont pas reçu cette mention,  tel Naoui Saknouné qui  fait partie des « non morts pour la France » . Il était malade et  sa fiche de corps ne précise pas que sa maladie était une suite de la guerre ou  sa famille n’a pas pu en apporter la preuve. Sont  dans le même cas de figure Krifs Abdelkader et Belouar Arezk Ben Mohamed.  La mention de « suites de blessures de guerre  » ou « suite de maladie explicitement contractée pendant le service  »  donne en général droit  à la mention honorifique  de « mort pour la France ».

En croisant les sources, notre association  a pu sortir de l’oubli ces combattants  venus d’Afrique du Nord, leur rendre hommage et  rappeler le lourd tribut payé par les pays colonisés à cette guerre partie d’Europe et devenue mondiale par le jeu des alliances.  Une guerre  qui a coûté la vie à 18 millions de personnes  et  a fait 20 millions de blessés.

NB : Cet article fleuve  est évolutif car les recherches sont encore en cours. Il est ouvert aux  modifications et rectifications.  Donc n’hésitez pas à commenter, à partager  et  à réagir.

Sources  :

 

 

 

Diwan-Danses d’Orient

Diwan-Centre a le plaisir de vous annoncer l’ouverture d’un atelier  » Diwan-Danses d’Orient  » à Orléans la Source .

Cet atelier est ouvert aux femmes et aux hommes et il y a même un groupe « enfants ».  Pour les adultes trois niveaux sont proposés :  Débutant(e)s- intermédiaires- avancé(e)s

Si vous hésitez,  un cours d’essai sera proposé  semaine 37 (2° semaine de Septembre) . Sinon vous pouvez télécharger ici le  bulletin d’inscription  .

N’oubliez pas de lire et de signer   le  règlement interieur

Vous pouvez renvoyer le tout  accompagné d’un chèque à l’ordre de Diwan-Centre  à l’adresse indiquée, ou bien remettre l’enveloppe à l’animatrice lors du premier cours . .

Pour tout renseignement n’hésitez pas à nous contacter

contact.danseo45@gmail.com        06-75-24-00-29

Et si vous voulez en savoir plus sur les danses orientales, rendez-vous sur cet

article du site  sur les danses orientales

L’Espagne au Centre

Vous savez sans doute que  11 % de la population française  a au moins un parent d’origine étrangère, mais saviez-vous que  parmi eux  8 % sont d’origine espagnole ?

Cela représente environ 22.700 personnes dans la seule région Centre Val de Loire . La plupart sont nés ou descendent d’espagnols arrivés entre 34 et 39 quand la guerre civile faisait rage,  pensant trouver en France un accueil digne du droit d’asile.

( Quelle déception! )

Républicains pour la plupart, certains n’ont pas hésité à s’engager dans la résistance et sont morts pour la France tels  Pascual Amela     

D’autres sont arrivés pendant les trente glorieuses et ont participé à la reconstruction de la France d’après-guerre.  D’autres encore sont arrivés suite à la guerre d’Algérie …

Et  si avec la fin du franquisme et l’entrée dans l’Europe, l’Espagne a été quelque temps un pays d’émigration, cela n’a eu qu’un temps  et avec la mondialisation   d’autres espagnols émigrent  aujourd’hui vers la France  poussés par la misère, l’endettement  et l’espoir de s’en sortir .

Natifs d’Espagne, enfants ou petits-enfants d’immigrés espagnols, ils  gardent un lien très fort à la culture du pays d’origine. Un lien qu’entretient l’ APFEEF, association des parents de familles espagnoles en France, qui propose depuis les années 80 au public orléanais des cours en langue espagnole, des rencontres autour de la culture   espagnole et des cours de danse flamenco, tango …

Diwan-Centre et  l’APFEEF  se sont associées pour vous proposer un événement exceptionnel autour de l’histoire et de la place de ces espagnols et français d’origine espagnole établis en Région Centre et notamment à Orléans.

      • Une exposition ouverte le samedi 5 et le dimanche 6 Octobre  de 14h à 18 h
        • conçue après des recherches aux archives départementales du Loiret.  Elle retrace le contexte historique et   les heures terribles de la guerre civile et de la retirada . Mais elle se concentre surtout sur ce qui s’est passé en Région Centre.  Des documents poignants…
  • Une conférence : de  Jean Marie Ginesta  autour de la guerre civile espagnole .article de Jean Marie Ginesta
  • Une rencontre littéraire avec Lydie Salvayre et Vincent Borel  .  Lydie Salvayre a reçu le prix Goncourt des Lycéens en 2014 pour son roman : « Pas Pleurer ».

Et Vincent Borel le prix Laurent Bonnelli 2010 pour son roman « Antoine et Isabelle »

« Antoine et Isabelle  » de Vincent  Borel

Tous deux se prêteront à une séance de dédicaces . Et notre partenaire la « Librairie des Temps Modernes » à Orléans vous proposera un choix de livres autour du thème et de ces deux auteurs . Cerise sur le gâteau : ce sera la sortie d’un nouveau roman de Vincent Borel et nous serons en prime-time.

Cette manifestation exceptionnelle n’aurait pas été possible sans le soutien du service culturel de la Mairie d’Orléans que nous remercions.

Alors prenez date!  :

-Samedi 6 Octobre de 14 H à 18h (Exposition-conférence-rencontre littéraire).

-Dimanche 7 Octobre de 14h à 18 h (Exposition seulement)

Salle de la Cigogne -Orléans

Et si vous aimez le flamenco et la cuisine espagnole appelez l’APFEEF

au 02 38 62 63 08

ou passez les voir.

Ils ont un local au 108 rue de Bourgogne et tiennent permanence les jeudis et samedis après-midis.

 

 

 

Diwan-Centre et Tra Na Rossan présentent le 15 Décembre 2018 : »Le baptême chacaliste »

« La poésie n’est pas prête à rendre les armes »

Le Baptême Chacaliste – Samedi 15 Décembre 2018

 Auditorium de l’école de musique d’Ormes

 2, rue Jean Antoine de Baif- – 20h 30

 

 

Ecrivain marocain de langue française, prix Goncourt de la poésie en 2010, Abdellatif Lâabi est le premier auteur de renom venu à Orléans à l’invitation de Diwan-Centre. Souvenez-vous! C’était en  Novembre  2008 à l’occasion du décès du poète palestinien Mahmoud Darwich, dont il était l’ami et le traducteur.  Orléans fut la première ville à lui dédier un hommage.

Et c’est tout aussi naturellement que dix ans plus tard qu’il a répondu positivement lorsque la troupe de théâtre amateur orléanaise « Tra Na Rossan » lui a demandé l’autorisation de monter en collaboration avec Diwan-Centre sa pièce de théâtre : « le baptême chacaliste ».

Deux représentations de la pièce ont été présentées par la troupe au 108 rue de Bourgogne,  samedi 9 Juin et samedi 13 Octobre  2018.   Le trailer de la pièce présenté en début d’article en est issu.  La troisième représentation aura lieu dans le superbe auditorium de l’école de musique d’Ormes le samedi 15 décembre 2018. L’auteur devait initialement y assister, mais a du hélas  annuler pour raisons de santé.

Cette pièce écrite en 1987 est l’une de ses  trois pièces de théâtre. Elle est éminemment poétique, car  pour lui « la poésie est soeur siamoise du théâtre ». Un théâtre engagé qui fait référence à la situation politique de l’époque : dictature chilienne, assassinat du chanteur chilien Victor Jara dans le stade de Santiago du Chili, emprisonnement du poète égyptien aveugle,   Ahmed Fouad Nejm, le « père des étoiles » à la prison El Kanatar, montée de l’islamisme radical en Iran , sans parler de son propre emprisonnement au Maroc pendant les  » années de plomb ». 

Créateur de la Revue « Souffles » qui a joué un rôle considérable dans le renouvellement  culturel au Maghreb, il  fut emprisonné  pour délit d’opinion de 1972 à 1980 et ne fut libéré que sous la pression de l’opinion internationale.     Un combat pour la liberté évoqué dans le livre autobiographique de sa femme Jocelyne , « la liqueur d’aloès » paru en 2005, qui a inspiré le film  » La moitié du ciel  » ,  présenté  à Orléans peu après sa sortie, au Cinéma des Carmes  avec l’appui d’un collectif d’associations dont nous faisions partie.

Le « baptême chacaliste » est une pièce engagée,  où se succèdent sans transition tragédie et comédie burlesque, voire carnavalesque. Un théâtre que l’auteur lui même qualifie d’ « incursion barbare dans le théâtre « ,et qui  est aux antipodes d’une construction classique à l’intrigue bien ficelée . C’ est avant tout un cri contre la barbarie,  une ode à la vie, à l’amour, à la libération des corps et des esprits.

« Aller donc au delà du culturel daté et signé pour rejoindre ce qui fait vibrer les hommes indépendamment de leurs multiples déterminations : la saisie par eux mêmes du bouleversement d’êtres vivants, dotés d’un corps et d’une mémoire infinis et de cette capacité de porter loin l’instinct de vie comme source intarissable d’utopie.

L’Utopie, ce mot-clé, arraché ici aux contingences politiciennes pour devenir un juste pari, gagné sur les inquisitions et les holocaustes. L’utopie, notre seul message de terriens. « 

Abdellatif Laabi – appendice au « Baptême chacaliste »

 

Samedi 30 Juin à Saint Jean le Blanc : Un spectacle de danses orientales éblouissant

Le prochain événement proposé par notre association interculturelle « Diwan-Centre » en collaboration avec l’association orléanaise « Graines de scène »  est un spectacle de danses orientales .

Ce pluriel volontaire parce qu’il y a de  multiples styles de danses orientales avec ou sans accessoires .  En outre  le  terme « orientale »  est employé ici pour désigner un Orient non délimité géographiquement qui signifiait   à l’époque coloniale toute la rive sud de la Méditerranée et tout ce qui se démarquait de l’Occident,  un Orient synonyme d’exotisme et  propice aux fantasmes. Un Orient qui  a tourné la tête des soldats de Napoléon débarquant en Egypte et des orientalistes.

Le « sharki » égyptien, trop souvent désigné par le terme réducteur et caricatural de « danse du ventre » est certes basé sur des ondulations du bassin, et des tremblements,  mais il a croisé et continue de croiser d’autres danses. Quoi de commun entre  la danse khaliji du golfe persique, la danse du bâton égyptienne qu’on retrouve dans le Maghreb sous d’autres formes, la dabké   du Levant et la  moderne « fusion » au rythme des percussions?  L’expression de corps libérés des contraintes,  magnifiés par des costumes  chatoyants , plus beaux les uns que les autres.

   danse des cannes

 

 

danse khaliji

 

 

     danse avec des éventails

Corps qui jouent avec les  voiles, se cachent  pour mieux se dévoiler.

 

Quid des costumes et des chorégraphies présentées cette année?

Chut ! C’est un secret !   Pour en savoir plus il faut venir au spectacle.

 

 

 

Scoop: Cette année  Jaouad et Abdallah de Diwan-Fusion assureront les intermèdes et accompagneront une ou deux chorégraphies. Surprise aussi !

Le mieux c’est de réserver dès maintenant vos places en cliquant sur ce lien .

C’est le samedi 30 Juin à  20h 30 à l’espace Montission de Saint Jean Le Blanc.

réservation sur billet web

ou par téléphone au 06 75 24 00 29

Billetterie sur place

 

 

 

Ces fables qui ont voyagé

 

Cette année le thème de Festiv Asso, la fête de la maison des associations d’Orléans la Source, où nous avons notre siège ce sont les fables de la Fontaine. Nous n’avons pas hésité à répondre présents à l’appel pour y participer.

Car s’il est bien un objet littéraire qui a voyagé dans l’espace et dans le temps autour du monde et de la Méditerranée , ce sont les fables. Et notre bon vieux Jean de la Fontaine ne fut certes pas le premier à s’y essayer.  Le mot « fable » vient du latin « fabula »: histoire .  Cette histoire est destinée à faire réfléchir aux comportements humains au travers de fables animalières et se termine généralement par une morale.

Petit voyage dans le temps

et dans l’espace

 

 

 

Les fables sumériennes

Les fables mettant en scène des animaux et se terminant par une morale de l’histoire existaient déjà à Sumer du coté de la Mésopotamie près de 3000 ans avant Ésope. On les retrouve mille ans plus tard en Assyrie, puis en Phrygie, pays de naissance d’Esope.

Les Jātakas (जातक) –vies antérieures-

Il s’agit d’un recueil de textes bouddhistes écrits entre le 3° avant Jc et le 3° siècle, lui même inspiré d’un autre recueil de textes bouddhistes. Il comprend des fables dans lesquelles le futur Bouddha est incarné dans le corps d’un animal et  des contes mêlants les  humains et les  animaux

le Pantchatantra ou fables de Bidpaï

Compilation en sanscrit datant du Ve siècle  traditionnellement attribuée à un brahman du Cachemire  nommé Vishnusharman (विष्णुशर्मन्), qui l’aurait produite au IIIe siècle avant notre ère, à la demande d’un râja comme un guide de gouvernement à destination des princes.  L’ouvrage,  est composé de cinq parties thématiques regroupant en tout 73 fables.

Ces fables sont puisées dans la tradition orale indienne et dans les Jakatas. Ce recueil s’est répandu en Asie et en Inde . On en  connait plus de 200 versions différentes dans diverses langues. Jean de la Fontaine s’inspira explicitement de ces fables « sues de tous » qui lui fournirent une réserve importante d’histoires qu’il rendit « nouvelles par quelques traits qui en relevassent le goût »

Kalila et Dimna

C’est la version arabo-persane du Panchatantra, celle qui a permis le passage de l’oeuvre vers l’Occident. Vers 750 un auteur persan très instruit et courtisan influent  Ibn Al Muqqafa traduit le Panchatranta en arabe . Il est divisé en dix-huit chapitres, dont cinq seulement correspondent au livre indien … Kalila et Dimna sont deux chacals vivant à la cour du lion, roi du pays. Si Kalila se satisfait de sa condition, Dimna en revanche aspire aux honneurs, quels que soient les moyens pour y parvenir. Chacun des deux justifie sa position en enchaînant des anecdotes, qui mettent en scène des hommes et des animaux, et délivrent des préceptes et des morales.

« Cette version marque le point de départ de la  diffusion du texte, en Orient (persan, turc, mongol…) comme en Occident (grec, hébreu, latin, allemand, français…). Les différentes traductions issues de l’arabe permettent au récit de voyager et de se métamorphoser au fil des siècles et des cultures.  Ce succès a généré une abondante production de livres ,  manuscrits et d’imprimés illustrés.Des exemplaires, enluminés ou non, rapportés par des savants ou des ambassadeurs, enrichirent les grandes bibliothèques européennes. En 1644, une version française, réalisée à partir d’une nouvelle traduction persane du texte d’Ibn al-Muqaffa‘, fut publiée par Gilbert Gaulmin. »

La Fontaine emprunta aux histoires de Kalila et Dimna les éléments ou la trame de quelques-unes de ses Fables : Le Chat, la Belette et le Petit Lapin, Le Chat et le Rat, Les Deux Pigeons, La Laitière et le Pot au lait…

Les fables d’Esope

C’est un ensemble de fables en prose attribuées à Esope, écrivain grec d’origine phrygienne né en Turquie ou selon d’autres sources en Thrace qui a vécu vers la fin du VII° siècle avant JC . Le premier recueil de fables d’Ésope historiquement attesté a été constitué par Démétrios de Phalère au IVe siècle av. J.-C., plus de deux cents ans après la mort d’Ésope. Ce recueil même a été  perdu, mais il a donné naissance à d’innombrables versions. La plus importante est le recueil appelé Augustana, qui compte plus de 500 fables, toutes en prose

Les fables d’Ésope ont inspiré de nombreux auteurs, qui ont perfectionné le genre de la fable , notamment :

  • Phèdre, fabuliste latin du Ier siècle
  • Babrius, fabuliste romain de langue grecque du IIe siècle-IIIe siècle
  • Avianus, poète latin du IVe siècle
  • Djalal an Din Rumi, mystique et poète persan du XIIIe siècle,
  • Marie de France poétesse du XIIe siècle
  • Isaac de Benserade
  • et bien sûr Jean de La Fontaine au XVIIe siècle

Ce dernier lui rendit hommage avec ces vers
« Je chante les héros dont Esope est le père,
Troupe de qui l’histoire, encor que mensongère,

Contient des vérités qui servent de leçons. »

Les fables de la Fontaine

Trois recueils de 243 fables écrites entre 1668 et 1694.  On les apprend par coeur à l’école. Elles font partie de notre culture .   Si  la trame de l’histoire est la même que celle  des fables d’Esope et de tous ceux qui l’ont précédé, les fables de la Fontaine ont leur propre génie. Il ne s’agit pas d’une traduction mais d’une réécriture rythmée, incisive , et intemporelle.

A titre d’exemple voici   deux versions de la fable « le renard la cigogne  » .

« Du Renard et de la Cigogne » – Un Renard plein de finesse pria à souper une Cigogne à qui il servit de la bouillie sur une assiette. La Cigogne ne fit pas semblant de se fâcher du tour que lui jouait le Renard. Peu de temps après, elle le pria à dîner ; il y vint au jour marqué, ne se souvenant plus de sa supercherie, et ne se doutant point de la vengeance que méditait la Cigogne. Elle lui servit un hachis de viandes qu’elle renferma dans une bouteille. Le Renard n’y pouvait atteindre, et il avait la douleur de voir la Cigogne manger toute seule. Elle lui dit alors avec un rire moqueur :  » Tu ne peux pas te plaindre de moi raisonnablement, puisque j’ai suivi ton exemple, et que je t’ai traité comme tu m’as traitée. «

  • Esope – (VIIe-VIe siècle av. J.-C

 Le Renard et la Cigogne

Compère le Renard se mit un jour en frais,
et retint à dîner commère la Cigogne.
Le régal fût petit et sans beaucoup d’apprêts :
Le galant pour toute besogne,
Avait un brouet clair ; il vivait chichement.
Ce brouet fut par lui servi sur une assiette :
La Cigogne au long bec n’en put attraper miette ;
Et le drôle eut lapé le tout en un moment.
Pour se venger de cette tromperie,
A quelque temps de là, la Cigogne le prie.
« Volontiers, lui dit-il ; car avec mes amis
Je ne fais point cérémonie.  »
A l’heure dite, il courut au logis
De la Cigogne son hôtesse ;
Loua très fort la politesse ;
Trouva le dîner cuit à point :
Bon appétit surtout ; Renards n’en manquent point.
Il se réjouissait à l’odeur de la viande
Mise en menus morceaux, et qu’il croyait friande*.
On servit, pour l’embarrasser,
En un vase à long col et d’étroite embouchure.
Le bec de la Cigogne y pouvait bien passer ;
Mais le museau du sire était d’autre mesure.
Il lui fallut à jeun retourner au logis,
Honteux comme un Renard qu’une Poule aurait pris,
Serrant la queue, et portant bas l’oreille.
Trompeurs, c’est pour vous que j’écris :
Attendez-vous à la pareille.

  • Jean de la Fontaine – (1621 – 1695)

Trompeurs c’est pour vous que j’écris , attendez vous à la pareille!  Une morale à méditer !

Une brillante idée que le thème de  6° Festiv Asso à la Source ! Et pour Diwan-Centre , l’occasion de rappeler que notre culture populaire est le résultat d’un formidable melting pot et non le produit d’un microscosme français ignorant de ses  racines.

Mag Centre parle de nous

Un très bel article de Gérard Poitou dans Mag Centre qui présente avec talent notre association et son activité depuis dix ans.

lien sur l’article

Diwan Centre, dix ans de souffle méditerranéen à Orléans

A l’origine, il y a dix ans, ils sont une dizaine d’ami(e)s plus ou moins fraichement arrivé(e)s sur Orléans à qui il vint l’envie de faire bouger la vie culturelle orléanaise en y apportant un peu de soleil de la méditerranée. Pourquoi la Méditerranée ? Tout simplement parce que cette “Mare nostrum” a été le cadre de ce qui constitue l’essence même de notre civilisation, un espace protégé d’échanges aussi bien commerciaux, culturels, religieux, si ce n’est militaires. Cet espace, aujourd’hui morcelé politiquement, reste toujours une opportunité formidable d’échanges au service d’un enrichissement mutuel tant par la proximité géographique que par l’histoire partagée. Diwan se veut servir la culture méditerranéenne, toutes les cultures méditerranéennes.

Et en dix ans d’activités, les occasions furent nombreuses d’organiser rencontres et événements autour de cette vision culturelle, car Diwan suscite autant qu’il accompagne des initiatives dans ce vaste espace culturel et dans toutes les formes artistiques.

Cinéma, danse, chanson, musique, peinture, Diwan organise ou participe à de multiples manifestations dans cet esprit d’échange culturel, à l’exemple du prochain Festiv’asso de l’Aselqo la Source, le 26 mai prochain, durant lequel Diwan proposera, après une animation culinaire autour des saveurs des biscuits de la Méditerranée l’an passé, un passionnant voyage culturel des fables qui se racontent autour du bassin méditerranéen depuis l’antiquité (à lire la très documentée page sur le sujet sur le site de Diwan).

Diwan, un mot au destin multiple. A l’origine, le mot désigne un lieu de pouvoir en arabe, un peu comme notre cabinet, mais il finit par désigner un lieu d’attente, un lieu où l’on discute, que l’on retrouve dans le mot français divan. Mais c’est aussi là que l’on négocie son entrée pour donner un tout autre sens avec le mot douane… autre forme d’échange…

C’est aussi tous les ans, le festival du cinéma de la Méditerranée avec beaucoup de films inédits projetés à Orléans notamment dans les Aselqo ou au cinéma des Carmes, souvent avec des rencontres avec les réalisateurs, avec cette année le très touchant « Zayneb n’aime pas la neige », documentaire retraçant de l’intérieur l’émigration d’une enfant tunisienne au Canada, avec le film italien “Léa” sur la condition de la femme dans les milieux mafieux.

Ajoutons au crédit de Diwan, parce que l’on ne peut pas tout citer ici, les rencontres littéraires comme en mars 2017, avec la venue de trois auteurs marocains contemporains, ou de Fouad Laroui en 2016, ainsi que la participation chaque année aux Voix d’Orléans ainsi qu’au prochain Parlement des écrivaines suggéré par l’auteure tunisienne Fawzia Zouari qui se déroulera pour sa première session à Orléans du 26 au 28 septembre prochain.

Et comme Diwan sait aussi faire la fête, l’association a su fêter il y a quelques semaines ses dix ans d’activité en invitant bon nombre d’artistes ayant collaboré avec Diwan, mêlant chanson française, chant gnaoua du Maroc, romance italienne, et musique arabo-andalouse…

GP

https://www.diwan-centre.net/

 

Festival Aselqo des Cinémas de la Méditerranée 2018

 

 

 

 

 

 

A peine le temps de se remettre d’un anniversaire « Diwan-dix ans  » mémorable , que nous revoici avec le Festival des Cinémas de la Méditerranée 2018 qui depuis deux ans se déroule dans les Aselqo orléanaises.  L’entrée aux projection est libre et totalement gratuite.

Le collectif dont Diwan-centre, qui avait initié ce festival en 2011,  est partie prenante,  a choisi cette année deux films récents,  de qualité , accessibles à tout public et pouvant donner lieu à une discussion avec le public après la projection .

Un coup de coeur pour le film tunisien  « Zayneb  n’aime pas la neige » de Kaouther Ben Hanya ., réalisatrice tunisienne , couronnée de nombreux prix. Pour mémoire nous avions projeté il y a quelques années le « challat de Tunis » . Souvenez vous !  L’homme qui balafrait les fesses des femmes qu’il croisait …

Cette fois ce n’est pas une oeuvre de fiction mais un véritable documentaire  filmé avec talent sur plusieurs années  en Tunisie et surtout chez nos amis du Québec ,  où la toute jeune Zayneb va découvrir les joies de l’hiver montréalais elle qui débarque avec son petit frère de sa Tunisie natale avec sa mère qui vient de se remarier avec un tunisien immigré et père d’une petite fille du même âge,  absolument craquante . Famille recomposée que nous allons voir grandir jusqu’à l’âge adulte . Evidemment l’adaptation ne va pas se faire sans mal  avec des hauts et des bas,  des chamailleries , des vraies questions, des moments où on se rapproche pour s’éloigner à nouveau. La vie quoi!!

trailer de « zayneb n’aime pas la neige »

Un film à ne pas manquer . Il passe dans trois aselqo différentes.

Vendredi 23 Mars à 18h 30 à l’aselqo Gare, 2 rue Daniel Jousse -orléans

Vendredi 30 Mars à l’aselqo Blossières , 4 RueBecquerel-Orleans

Vendredi 5 Avril à l’Aselqo Murlins , 2’Rue croixBaudu -Orléans

Le second film est italien. Il s’agit de « Lea »

Lea est un film réalisé par Marco Tullio Giordana avec Vanessa Scalera, Linda Caridi. Film sombre et poignant entre le drame familial et la frsque criminelle. La course poursuite avec les mafieux n’a rien à envier aux thrillers …

Synopsis : Lea a grandi dans une famille criminelle en Calabre. Le père de sa fille Denise est aussi membre de la mafia. Lea aspire cependant à une vie différente pour sa fille, sans violence… Ce film est inspiré de l’ histoire véridique de Lea Garofalo , qui a combattu la mafia

Vendredi 30 Mars à l’Aselqo Romain Rolland , 31 Rue Romain rolland -Orléans

trailer du film « lea »

Cerise sur le gâteau. En fin de projection,  après l’échange avec le public un verre de l’amitié et des places pour le cinéma des Carmes tirées au sort dans le public.

 

Diwan-Centre fête ses dix ans

Il y a dix ans déjà qu’une bande de copains orléanais, encouragés par une association  soeur, « Diwan en Lorraine », décidait de créer Diwan-Centre .  Si vous voulez savoir ce que nous vous avons concocté à cette occasion cliquez directement sur la vidéo de présentation ci desssous. Vous ne serez pas déçus!

video de présentation de l’événement « Diwan-Dix ans »

 

Dix ans ça se fête!  Et ce sera le 17 Mars 2018 à la Salle de la Madeleine.

103 rue du Faubourg Madeleine à Orléans

  • une exposition autour de nos évenements passés , avec souvenirs filmés.
  • une exposition Salah Berhmani
  • et un spectacle  exceptionnel en entrée libre dans la limite des places disponibles en deux parties

15h : C’est Nabum et Diwan-Fusion

Conte musical : « Lalla Aicha, nymphe de Loire »-création de Cenabum, le conteur de Loire accompagné par Abdallah et Jaouad de Diwan Fusion. Un moment magique…

article de Loire Valley sur C’est nabum

« Lalla Aicha , Nymphe de Loire  » , extrait ..

16h 30/18 H : L’Atelier d’Erlanger

Chants et Musiques méditerranéennes,(Turquie, Grèce,Andalousie) . par l’Atelier d’Erlanger (association lorraine « Trans’cultures ».

Lien sur le dernier concert du groupe à Rabat .

19h 30 : Tiziana Valentini et Anne Charlotte Jan-Müger :  la Tragudia

Chansons d’amour contées et contes d’amour chantés et accompagnés à l’accordéon, un voyage a travers des histoires issues de la tradition orale italienne.

lien video sur un extrait du spectacle

 

20h 30 : Diwan-Fusion :

Ils vont vous faire voyager à travers la musique marocaine : ghiwan, gnawa, amazigh (berbère). Ambiance garantie !

21H 30 : Les pt’its pains

On ne les présente plus.Orléans chanté et swingué par le groupe qui assura-avec Juliette- la première soirée diwanaise. Chauffe Jean Mi!

Les pt’its pains

article de la « fracama » sur le groupe.

Fin de soirée :

fusion finale

Exposition :

Dix ans d’événements « Diwan-Centre »

– Peintures de Salah Berhmani

http://berhmani.pastelliste.free.fr/

Buvette -restauration légèreEntrée libre dans la limite de splaces disponibles

Pour ceux et celles qui ne nous connaissent pas bien, un petit flash back !

Dix ans que nous oeuvrons  à des événements artistiques de qualité et populaires permettant de rapprocher les cultures variées et riches de la Méditerranée et les cultures existant en Région Centre., de mettre en évidence les liens qui nous rapprochent et de jeter des ponts entre les deux rives. Une entreprise un peu folle, car Diwan-Centre Val de Loire ne rentre dans aucune « case » ce qui n’est pas le chemin le plus simple pour avoir une subvention  au titre de la culture ou de l’éducation populaire  : Toutes les formes d’expression artistique nous intéressent ; musique, littérature, poésie, théâtre, contes, danse,  peinture, sculpture, calligraphie, graph, photographie, cinéma, architecture, cuisine … La liste n’est pas exhaustive, car nous ne nous interdisons rien sinon.. le prosélytisme.  L’histoire a prouvé que nous avions vu juste : en ces temps,   où d’aucuns prônent le  « vivre ensemble » pour répondre aux replis  identitaires, nos rencontres artistiques prennent tout leur sens .  Nos projets les plus réussis :

Ces événements qui nous ont fait connaitre ne doivent pas éclipser d’autres événements plus modestes qui nous tenaient à coeur : lectures poétiques, expositions d’artistes de la région en lien avec nos thèmes . Ni la participation de plus en plus fréquente à des événements organisés par des structures officielles comme « Voix d’orléans » , « Festiv asso » , et dernièrement le festival francophone d’Olivet ». Tout ceci n’est possible que grâce à l’investissement personnel des adhérents de l’association qui forment un solide réseau de compétences et de contacts toujours prêts à donner de leur temps et de leur talent pour concrétiser les projets.

Dix ans ça se fête!  Et ce sera le 17 Mars 2018 à la Salle de la Madeleine.

Nous vous avons concocté un programme digne de l’événement. Pour ceux qui préfèrent l’écrit …

  • une exposition autour de nos évenements passés , avec souvenirs filmés.
  • une exposition Salah Berhmani
  • un spectacle  en entrée libre en deux parties

Après midi

15h/16h 30 :  « Lalla Aicha , nymphe de  la Loire  » , un conte musical du bonimenteur de Loire Cenabum  accompagné par les musiciens de Diwan Fusion, Abdallah et Jawad.

16h 30/18h : « L’atelier d’Erlanger » , musique arabo andalouse.

Soirée

19h 30/ 20h 30 : « Tiziana Valentini et la Tragudia »

20h 30/21h 30 : « Tamount et Diwan-Fusion » , musiques gnawa, ghiwan et berbères

21H 30/22h 30 :  » les ptits pains « : swing français, latino réaliste

 22h 30/24 h :  boeuf final

Buvette sur place et restauration légère  pour ceux et celles qui ne voudraient rien manquer .

 

L’entrée est libre dans la mesure des places disponibles , mais il n’est pas interdit de participer librement aux frais pour aider l’association qui en a bien besoin.

 

 

 

Bientôt à Saint Jean de Braye : « Couleurs et Matières du Maroc »

Un projet de l’association abraysienne « Ibtissama »

soutenu par

Diwan-Centre Val de Loire

L’objectif d’Ibtissama, fondée en 2012, est de favoriser les échanges sociaux, culturels, éducatifs, sportifs, associatifs avec la population marocaine vivant en France, de soutenir, des projets de développement portés par les associations marocaines au Maroc, et de faire connaitre des artistes marocains en France. Nous avons eu l’occasion de travailler ensemble en début d’année à la réalisation du projet « Yennayer », autour du nouvel an berbère.

C’est avec grand plaisir que nous apportons aide et soutien à leur projet  » Couleurs et matières du Maroc « . Soutenue par la ville de Saint Jean de Braye l’association Ibtissama accueillera trois artistes marocains de la région de Tinghir du 22 Janvier au 2 février 2018. Ils exposeront au Château des Longues Allées, occasion pour le public de découvrir leurs oeuvres qui s’inscrivent à la fois dans la tradition berbère et dans la modernité .

Mohammed Charaf
Originaire de Tinghir et enseignant à Ouarzazate Mohamed Charaf pratique l’art de la calligraphie en relation avec sa culture amazighe . Cela l’a conduit à utiliser l’écriture tifinagh dans ses œuvres .
Passeur de savoirs et de messages à travers la forme et la couleur, l’écrit et la pensée, l’artiste, en véritable mâallem, aime expliquer et transmettre son art lors de ses expositions et en organisant des ateliers d’initiation pour jeunes et adultes.

Omar Akesbi  

Instituteur à Tinghir, Omar Akezbi expose depuis 1988. Il a exposé dans des lieux qui font référence comme l’Institut français d’Agadir ou la Galerie Ahmed Cherkaoui à Rabat. Son style a évolué vers une peinture aux couleurs de l’arc en ciel, ancrée dans la culture amazigh.  IL anime également des ateliers d’animation artistique auprès d’associations et d’établissements scolaires, traduit et illustre des livres de contes et de poèmes de l’amazigh au français. Il a déjà exposé en 2008 à Saint Jean de Braye et se réjouit de retrouver le public de l’agglomération orléanaise

Ismail Aboulaabas
Sculpteur de profession, Ismail Aboulâabas travaille et expose depuis 2000. Il puise ses idées dans la culture amazigh (kasbahs, alsphabet tifinagh, motifs amazighs et utilise le bois qu’on trouve dans la région de Tinghir : cèdre, buis, olivier, genévrier, noyer, peuplier. Lorsqu’il expose, Il ramène avec lui ses outils de sculpteur pour montrer comment il travaille le bois.

diaporama et interview du sculpteur

L’objectif du projet est aussi d’encourager la pratique artistique. Des ateliers animés par les trois artistes auront lieu dans les écoles primaires, au Centre Social ASCA, et au Château des Longues Allées.  Ces ateliers entièrement gratuits s’adressent à des publics variés :  enfants, adultes, personnes agées , personnes en situation de handicap.

L’évènement « Couleurs et matières du Maroc »  se déroulera du 22 Janvier au 2  février .

Un avant goût du programme

  • Exposition : Château des Longues Allées  de 14 h à 18h en semaine, samedi et dimanche toute la journée de 11h à 19h en présence des artistes
  • et Médiathèque de Saint Jean de Braye
  • Animations :  Médiathèque de Saint Jean de Braye, Centre Social du Pont Bordeau
  • Repas sur réservation :  Centre Social du Pont Bordeau -Samedi 27 Janvier    avec la participation de  Takassime .(danses kabyles)
  •   Projection de films documentaires d’Izza Genini :  » Vibrations en haut Atlas  »  et  » Nuptiales