Fouad Laroui : Identité , altérité et un peu de Bach

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La salle d’honneur de l’hôtel Dupanloup était comble ce vendredi  15 janvier pour accueillir le talentueux Fouad Laroui, cet écrivain doué en diable, couronné de nombreux  prix littéraires, qui se définit lui même comme un « marocain des polders » .

Une pensée taraude sans doute ceux qui ont manqué l’évènement littéraire orléanais de ce début d’année,  venu éclairer l’actualité morose entre le bourbier syrien, les faux dévots kamikazes, les fiches S,  le réchauffement climatique et pour toute consolation la famille Le P.. ,le père , la fille-, la petite fille- Tiens il manque le Saint Esprit- et la déchéance finale!  Fouad Laroui allait-il  nous aider à trouver  des réponses réconfortantes aux questions éternelles :  » Qui suis-je? D ‘où viens-je ? Où vais-je ? » . Et que diable cachait ce titre mystérieux : « identité, altérité et un peu de Bach » ?

Il lui arrive d’être sérieux.

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D’aucuns l’attendaient sur la question de l’islamisme qu’il a étudiée dans son traité « de l’islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux »  paru en 2006. Dix ans après la parution de cette étude, ses prises de position ont évolué, comme on a pu le constater lors de l’émission d’Arte. Mais  ce soir là,  ce ne fut point le cœur de son propos.  Cinquante ans plus tôt victime innocente  du climat malsain de la guerre d’Algérie, le cinéaste algérien Khateb Yacine s’était fait huer par le public orléanais en ce même Hôtel Dupanloup.  Nulle intention donc d’enfourcher le cheval de Jeanne d’Arc pour embrocher  les barbus de tout poil, qui le défrisent, ni d’évoquer de but en blanc  les questions qui fâchent comme celle du drame linguistique marocain, qui lui tient pourtant à coeur.  Ecraser l’infâme, il ne s’en prive guère, mais avec élégance et  légèreté !

Fouad Laroui

Fouad Laroui est un narrateur, un conteur, qui d’anecdote en anecdote nous a  balladés dans son histoire personnelle, et fait  rencontrer ceux et celles qui ont inspiré les personnages de ses romans et nouvelles, du ministre saoul inaugurant le festival africain de Khouribga, à la femme la plus riche du Yorkshire qui héberge son ex-mari dans sa cabane au fond du jardin,  rien n’échappe à sa verve et sous sa baguette magique la vie devient un éclat  de rire.

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D’ailleurs
il ne serait pas  étonnant de retrouver ses aventures orléanaises dans un de ses  prochains romans. Vous aurez tous compris que son identité est synonyme d’altérité. Une altérité, semble t-il plus facile à assumer, aux Pays-bas que dans son pays natal où « radio trottoir » fonctionne à la vitesse de la lumière ou dans notre pays, où l’identité passe par des tiroirs bien cloisonnés. « Arrivé aux Pays-Bas en étranger, je suis devenu néerlandais, tout en restant ce que j’étais. Un Marocain ayant étudié en France, un scientifique cosmopolite devenu écrivain, qui s’est fondu dans une société curieuse de l’autre. On imagine mal la fluidité des élites néerlandaises, si différentes des nomenklaturas françaises »

Et Bach  dans tout cela? Ah , la messe en si mineur ,ou mieux la passion selon saint Mathieu  jouée par une famille de pasteur, celle que l’on écoute les yeux fermés ! Y a t-il quelque chose de plus beau au monde ?

 Passion selon Saint Mathieu -Erbarme dich mein Gott!

Nous laisserons à  Fouad Laroui le mot de la fin.

le mot de la fin en images

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