Sur les traces de l’émir Abd El Kader à Amboise

p1090900-rotated Dans le salon de musique du Château

p1090902-rotatedd’Amboise :

Photo de l’émir devant une porte du Château . (Gustave le gray)

-Portrait de l’émir  au fusain (d’après Ange Tissier)

 

 

 

 

En ce samedi 24 Janvier presque ensoleillé,  l’Association Solidarité Loiret Algérie ASLA, nous a proposé de partir sur les traces de l’émir Abd El Kader à Amboise.

L’émir Abd El Kader vous connaissez ? A la tête d’ une confédération de tribus de l’ Oranie dont il était le sultan depuis 1832, il a tenté pendant quinze longues années de bouter les Français hors de ce qui n’était pas encore l’Algérie. Et comme Jeanne qui bouta les Anglais hors de ce qui n’était pas encore la France, cela fait de lui un mythe fondateur de la nation algérienne. Comment échapper à l’idéologie quand on parle d’un personnage mythique ? Premier nationaliste algérien, symbole du combat contre le colonialisme   selon les uns, premier harki, traître et vendu à la France selon les autres. Gardons-nous des anachronismes! .En 1847 date à laquelle, isolé, abandonné par ceux qui l’avaient soutenu, l’Algérie n’était pas encore une nation, et il n’y avait pas de harkis. La France elle même encore très instable n’en avait pas  vraiment fini avec la royauté, passant des barricades de 1830 aux barricades de 1848 et à la véritable révolution qui instaura la seconde République.

La place Emir Abd El Kader à Alger

img_pres_long_4405Mais revenons en au chef de guerre Abd El Kader. Ce qui est certain c’est qu ‘il est à la fois un intellectuel curieux de toutes les sciences et surtout qu ‘il était très pieux. C’est d’ailleurs à un islam ouvert aux autres religions qui rappelle le temps mythique des Omeyyades qu ‘il consacrera la seconde partie de sa vie. Maître soufi,  il deviendra au fil des ans un maître spirituel reconnu. Une partie de son enseignement sera consignée par ses disciples dans « le Livre des haltes » .

L’émir souhaite donc  être exilé avec les siens en terre musulmane, à Alexandrie ou à Akka, étape sur la route de la Mecque. Le général Lamoricière qui a reçu sa reddition l’avait écrit : « j’ai l’ordre du fils du roi, que Dieu le protège,de te donner le passage à Alexandrie ou à  Saint Jean d’Acre, on ne te conduira pas autre part. ». Croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer!  Les promesses n’engagent que ceux qui y croient,  Et savez-vous où la France -perfide traîtresse va l’exiler ? Et bien en France naturellement ! Lourdeur de l’administration qui attend des ordres, intérêt à le garder au chaud en France, difficultés à obtenir le feu vert des ottomans et des égyptiens ? Le bateau est détourné vers Mers El Kebir, puis Oran. Changement de bateau, direction Toulon où le séjour provisoire durera trois mois.

Et comme l’émir est accompagné d’une petite centaine de personnes (mère, femmes, enfants, serviteurs, partisans fidèles), il faut trouver un lieu pour cette assignation à résidence, euphémisme désignant l’emprisonnement de l’émir et de sa « smala ». Quoi de mieux qu’un château bien gardé? Après Toulon, ils passeront huit mois dans le château fraîchement rénové, mais néanmoins inadapté de Pau. L’émir accepte les visites mais il  ne bougera pas de ses appartements, refusant la promenade, continuant à réclamer son extradition en terre musulmane « Je suis en deuil et un Arabe en deuil ne quitte pas sa tente ; je suis en deuil de ma Liberté, je ne quitterai donc pas ma chambre ». De toutes façons Pau est bien trop près de la frontière espagnole. De crainte qu’il ne lui vienne à l’idée de s’échapper, on se décide pour le château d’ Amboise.

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Qui a visité les châteaux de la Loire, sait combien il y fait froid et combien les cheminées peinent à réchauffer les murs empreints d’humidité, raison pour laquelle d’ailleurs les rois n’y séjournaient pas toute l’année. Celui d’ Amboise, construit du temps de Louis XI a connu ses heures de gloire au XV° et XVI ° siècle mais à l’époque où l ‘émir et sa suite sont débarqués à Amboise, il ne subsiste comme aujourd’hui plus qu’un cinquième du château original. Le bâtiment que nous visitons aujourd’hui restauré, remeublé, a encore fière allure, mais en 1848 il était totalement insalubre et infesté par les rats.

Bien loin d’une prison dorée qui fait aussi partie de l’imaginaire collectif.

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Grands princes.., nos gouvernants font aménager une dizaine de pièces dans le château vidé de ses meubles. L’émir sa mère et ses épouses sont installés dans ce qui avait été les appartements  royaux. Cinq pièces dont quatre dans la grande salle du Conseil, voûtée et glaciale. On peut aisément imaginer les effets de cette promiscuité, les rivalités et les tensions entre les épouses rivales. Au demeurant, seul l’émir et sa mère auront droit à un lit, car il est bien connu que les nomades dorment sur des paillasses à même le sol. Le reste de la suite s’entassera tant bien que mal au premier et dans une autre aile du château. Dans leur grande sollicitude nos autorités font aussi construire un minaret aujourd’hui disparu.

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1-La salle du conseil= 4 pièces (chambre de l’émir au fond, une pièce pour chaque femme, ses enfants, ses domestiques. 2-L’emplacement de l’ancien minaret sur la tour -3- L’une des deux cheminées de la salle du conseil.

On dit que les habitants d’Amboise où il ne devait pas se passer grand-chose, très fiers d’accueillir en leur cité un  sultan, s’étaient habitués au muezzin et même qu’ils l’appréciaient. Deux cent militaires se relayent jour et nuit pour la garde. Il est interdit aux prisonniers  de sortir de l’enceinte du château.  Les femmes refusent de toutes façons  d’utiliser la parcelle du jardin qui leur est réservée à l’abri du regard des hommes. Pendant deux ans personne ne mettra le nez dehors.

Carences,  rachitisme, rhumatismes, dépression, choléra, la situation sanitaire est désastreuse : durant les quatre années de réclusion au château d’ Amboise, vingt cinq personnes vont trouver  la mort. Deux domestiques (l’un noyé dans la Loire, l’autre frappé par le choléra), sept femmes dont la 3° épouse de l’émir, seize enfants dont quinze nés au Château et décédés en bas-âge. Les autorités commencent à s’émouvoir de la situation devenue ingérable et indigne du pays des droits de l’Homme : après moultes péripéties, un médecin inspecteur finit par proposer des mesures qui prendront effet en 1851 : trois poêles , une interprète, une sage femme , le droit de sortir en promenade dans la campagne sous escorte pendant trois heures. Mais les femmes persisteront dans leur repli jusqu’à leur départ le 16 Octobre 1852, date à laquelle Napoléon III finit pas les libérer et leur accorder l’exil. Ils pourront enfin rejoindre Damas en Syrie.

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Ange Tissier : Napoléon III annonçant à l’émir Abd El Kader sa libération au Château d’ Amboise le 16 Octobre 1852.

En 1860 l’émir Abd el-Kader interviendra   pour arrêter le massacre des chrétiens de Damas par les Druzes. Le « meilleur ennemi de la France » sera fait grand-croix de la Légion d’Honneur  et titulaire de l’ordre de Pi IX.

Si vous visitez le château d’Amboise, ne manquez pas de  monter au Jardin d’Orient, un lieu symbolique où reposent ces oublié-e-s de l’histoire qui ont subi leur destinée : l’exil, la séparation, le froid, les maladies, les deuils.

p1090911-rotatedUn monument funéraire surmonté d’un croissant avait été constuit dès 1853 dans le parc du château en guise de cénotaphe pour les 25 membres de la suite de l’émir morts à Amboise. C’est  là qu’en 2005 Rachid Koraicihi, plasticien algérien a imaginé  un aménagement paysager  à leur mémoire   il est composé de 25 stèles, taillées dans des pierres  d’Alep (Syrie), et gravées d’hymnes à la paix et à la tolérance extraits du Coran. Les végétaux complétant ce lieu de méditation ont été choisis pour faire référence aux influences culturelles méditerranéennes et souligner la constance des valeurs universelles de tolérance prônées par Abd el-Kader.

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Yennayer, le nouvel an amazigh (« berbère »)

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C’est décidé nous allons fêter cette année le nouvel an amazigh à Orléans. C’est la première fois et la ville d’Orléans  vient de rejoindre les grandes villes françaises qui célèbrent « Yennayer » . Ce projet nous l’avons monté à trois associations : Diwan-Centre, Ibtissama, et Ama France. Une quatrième nous a rejoint : Saveurs sucrées Salées. Il n’aurait pu se réaliser sans le concours de tous les partenaires :  l’Aselqo Rouget de l’Isle qui nous accueille dans ses locaux, les artistes et artisans présents  et sans le soutien matériel et financier dans des délais très courts

  • de la Mairie d’Orléans
  • de la  Chaabi Bank
  • du Crédit Mutuel .

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« Yennayer », un mot qui sonne comme «janvier, Januar, january, gennaio,.. ». Pas étonnant puisque ces mots viennent du mot latin «ianurius», lui-même nommé en l’honneur du dieu romain Janus.

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Yennayer, qui tombe  le 12, le 13 ou  le 14 janvier selon les pays, correspond au solstice d’hiver. C’ est le premier jour de l’année, pour les amazighs et les utilisateurs d’un calendrier de type agraire employé  avant et pendant  la période romaine. Ainsi Tertullien qui vécut entre moins 150 et moins 230 avant JC évoque   « la fête  des calendes de janvier  » célébrée chaque année à Carthage par les autochtones que les romains nomment « barbares ».

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Ce calendrier solaire basé sur les saisons et les récoltes  est pourtant  proche du  calendrier  julien, introduit par Jules César en 46 avant JC , un calendrier pensé par des scientifiques qui a remplacé le calendrier romain dont le premier mois était Mars.  

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Le calendrier julien est encore utilisé de nos jours par les coptes égyptiens et par les orthodoxes qui n’ont pas adopté notre calendrier grégorien en 1582. Il ne reprend pas le calendrier musulman, qui repose sur des mois lunaires. 

Le calendrier amazigh qui valide la pratique du calendrier agraire  a été adopté par l’Académie Berbère , qui a travaillé à Paris de  1966  à 1978  : A  sa tête le militant algérien Ammar Negadi, qui a aussi œuvré pour l’adoption de l’alphabet tifinagh.   Le calendrier amazigh  commence en 950 avant Jésus-Christ, date à laquelle le roi berbère Chachnak Premier,originaire de la tribu berbère des Mchaouch  devint pharaon d’Egypte.

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Ni 2016, ni 1438, mais 2966 . Une façon de rappeler qu’il y a des cultures dominantes et des cultures dominées et que la culture amazigh a résisté au temps et à tous les mouvements de population. Une résistance symbolisée par Dihyia, plus connue sous le nom de Kahena, souvent comparée à notre jeanne d’Arc, reine guerrière zénète des Aurès , qui combattit vaillamment les envahisseurs arabes omeyyades au 7° siècle, mais ne parvint pas à les débouter..

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Il y a de nos jours des populations de culture amazigh  de la Méditerranée au Sud du Niger, de l’Atlantique au voisinage du Nil, c’est  à dire sur un territoire très vaste, mais elles sont inégalement réparties. La carte montre que les touaregs occupent l’espace le plus étendu, mais ils sont peu nombreux en regard du Maroc (20 Millions) et de l’Algérie (13 millions). Il n’y a pas une seule  langue amazigh , mais une trentaine de dialectes dérivés d’une langue ancienne appelée « lybique ». Ces dialectes  s’écrivent majoritairement en caractères tifinagh, un système d’écriture conservé par les touaregs. On estime à environ 45 millions le nombre de locuteurs berbérophones dans le monde.

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Libres et rebelles les « imazighn » ! L’ « Amazigh », homme libre symbolisé par la lettre Z du tifinagh. Voilà qui les définit certes mieux que le mot « berbère », déformation du mot « barbare » utilisé par les Grecs, les Romains, les historiens arabes  et plus tard les colons européens. Le mot « berbère », plus connu du grand public  a cependant perdu entre temps sa signification ethnocentrique.

Yennayer donc, c’est le début du solstice d’hiver. Le soleil entame sa remontée. Les jours encore très froids  rallongent et instaurent l’espoir d’une meilleure année. Yennayer est le Roi des mois, parce qu’il ramène la neige qui couvre les terres de son burnous blanc dans les régions montagneuses . Un hiver sans neige , et la terre sera sèche en été , les récoltes maigres et on aura faim. Alors, pour se concilier les bonnes grâces du roi Yennayer, les femmes chantent la chanson de Yennayer .et craignent la «vieille» qui a eu l’audace de se moquer de lui . Mal lui en a pris  d’ailleurs : elle a été emportée avec sa chèvre dans les flots d’un orage vengeur .

Des traditions berbères liées au changement de l’année se retrouvent dans plusieurs régions d’Afrique, voire du bassin méditerranéen. En effet elles se rapprochent de nos  traditions du Carnaval . Etrange coincidence! Notre  carnaval, qui débute le 6 janvier,  est lui même hérité des Lupercales des romains.

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La veille de Yennayer, donc le 12 Janvier, on chasse «amghar ouchouqyaye» et on l’accuse de tous les maux de l’année écoulée. Pour 2016 il y aura de quoi faire ! Une défilé débute à la tombée de la nuit, la procession, portant masques et haillons, passe de maison en maison, demander des fruits secs, des sucreries. Le premier soir on prépare

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des beignets « sfenj »  et des crêpes « baghrir » qui  s’appellent aussi « mille trous » parce que la pâte est levée. Le lendemain on prépare le couscous aux sept légumes et viande de volaille, si possible du  coq. Les traditions sont nombreuses et peuvent varier d’un pays et d’une région à l’autre. Dans certaines régions, la célébration de Yennayer dure jusqu’à trois jours. Chaque jour on  prépare un plat différent :

Les masques symbolisent le retour des morts sur terre. Il faut d’ailleurs penser aux invisibles. C’est pourquoi on se doit de déposer des fruits secs à des endroits précis de la maison, par exemple le seuil de la maison, ou le pied de l’olivier.

C’était.. le 15 Janvier à l’Aselqo Rouget de L’Isle  à Orléans        !086

Diwan Centre                               AMAF France                      Ibtissama

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Quelques  stands

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Voix d’Orléans – Les rencontres de la francophonie

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Les Voix d’Orléans –

Rencontres de la francophonie

Comment les femmes pensent-elles le monde ?

Comment le monde pense-t-il les femmes ?

On connaissait Orléans comme la ville de Jeanne d’Arc. Elle qui fut une des premières femmes à porter l’armure pourrait être l’égérie des féministes.  Ces Voix d’Orléans autour de la cause des femmes sont-elles celles de Jeanne ? En tout cas  voilà un titre  particulièrement bien inspiré pour ces premières rencontres francophones orléanaises, un événement qui va faire date.

Orléans,  ville chaleureuse, ouverte sur le monde et tournée vers l’avenir, Orléans, LA ville qui aura osé mettre des mots sur les maux.

Orléans, la ville  qui combat la renaissance des obscurantismes et  donne la parole à ceux et celles qui dans leurs pays subissent de plein fouet ces reculs, à ceux et celles qui combattent la xénophobie et réfléchissent sur la base des valeurs qui ont inspiré le siècle des Lumières.

Voilà qui nous honore.

Impossible de rendre compte dans cet article de la richesse de ces deux jours de débat avec des intellectuel-le-s français-e-s et francophones, venu-e-s de 16 pays différents sur la question fondamentale de la place des femmes dans ce monde à l’aune des valeurs de l’humanisme.

Vous remarquerez au passage que j’évite de devoir appliquer la règle du masculin qui l’emporte, une règle d’ailleurs remise en question dès le premier jour du colloque : Au 16° siècle on écrivait : « les hommes et les femmes sont belles », en accordant le verbe avec  le nom plus proche.

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Demain peut-être à Orléans un  « Parlement des écrivaines francophones ? »

Je retiendrai parmi les moments marquants et  émouvants la table ronde animée par la brillantissime Fawzia Zouari, écrivaine, et journaliste à Jeune Afrique. Autour d’elle quatre femmes francophones et créatrices Maram El Masri (Syrie), Nadia Sebkhi (Algérie), Annie Djamal (Tunisie)  et Roula Azar Douglas (Liban) pour parler de leur rapport à l’écriture, à la langue et la culture française et de leur position pas toujours simple d’écrivaines francophones engagées dans leurs pays d’origine.

A l’issue du débat, Fawzia a elle aussi entendu une voix : Une voix qui lui soufflait l’idée d’un « parlement des écrivaines francophones », une voix multiculturelle qui ne partirait pas de Paris, mais d’Orléans. Relèverons- nous le défi ?

Télécharger le Programme et la biographie des intervenants sur calameo.

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Édition 2016 du festival

Printemps & Cinémas de la Méditerranée

aux « Couleurs méditerranéennes dans un monde qui bouge »

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La préparation du festival PCM 2016 entre dans sa phase finale :

1/ Il s’étend à d’autres localités de la région : Orléans (cinéma les Carmes, ASELQO), Montargis (AlTiCiné), Beaugency (le Dunois).

2/ Le collectif d’associations s’élargit aux  « Cramés de la Bobine » de Montargis.

3/ Dates à retenir : du 17 au 30 avril 2016

4)pour télécharger la plaquette du programme

Lieux

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Cinéma les Carmes Le Dunois – Beaugency AltiCiné – Montargis Aselqo Gare & Ste Beuve

Programme

 

Ci dessous synopsis des films et bandes annonces .

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Homeland Irak.. bande annonce

Une fresque puissante d’Abbas Fahdel qui plonge pendant deux ans dans le quotidien de sa famille peu avant la chute de Saddam Hussein (1° partie), puis au lendemain de l’invasion américaine de 2003 (2° partie).

Dimanche 17 Avril-13h 30

+ débat

Cinéma les Carmes-Orléans

et aussi à .. alticiné montargis

Blanca Nieves bande annonce

En Espagne, dans les années 20, Carmen, dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre, fait une rencontre insolite avec une troupe ambulante de nains Toreros qui vont l’adopter et lui donner le surnom de «Blancanieves ». Film à ne pas manquer , en noir et blanc, muet.

Mardi 19 Avril-19h 30

Cinéma les Carmes -orléans

10949 femmes bande annonce

À Alger, Nassima Hablal, héroïne oubliée de la révolution algérienne, raconte, comme une grand mère parlerait à sa petite-fille, son histoire de femme dans la guerre, sa lutte pour une Algérie indépendante.

Mercredi 20 Avril 19h 30

En avant première  et en présence de  la réalisatrice Nassima Guessoum

Cinéma les Carmes Orléans

Self made bande annonce

Deux femmes de Jérusalem, qui ne se connaissent pas, toutes deux en recherche, sont amenées par accident à échanger leurs identitévies. La première est une artiste israélienne plasticienne d’avant-garde , l’autre, une ouvrière palestinienne…..

Dimanche 24 Avril 10h

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D’1 pierre 2 coups bande annonce

À l’annonce d’un décès d’un homme qu’elle a connu en Algérie, Zayane, 75 ans qui n’est jamais sortie de sa cité depuis son arrivée en France part récupérer une boîte qu’il lui a léguée : c’est la découverte par ses enfants d’un pan entier de sa vie.

Avant première ,rencontre avec la réalisatrice  Fejria Deliba

Cinéma les Carmes Orléans

Tabou  bande annonce

Fantastique voyage sur la mémoire (celle du cinéma, de l’Afrique colonisée mais aussi mémoire personnelle). Une séquence qui mélange sociologie et fantastique, histoire des peuples et fantômes amoureux.

Lundi 25 Avril 19h

Cinéma les Carmes Orléans

Redemption bande annonce

Quatre personnages d’époques ou de pays distincts dévoilent leurs âmes en voix off, à travers des lettres et des textes intimes.

Lundi 25 Avril 19(après « Tabou »)

Cinéma les Carmes -Orléans

La moitié du ciel bande annonce

Dans les années 1970, le poète Abdellatif Laâbi est arrêté pour délit d’opinion, torturé et condamné à dix ans de prison. Sa femme, Jocelyne, une enseignante française, se mobilise pour sa libération.

Mardi 26 Avril 19h

Cinéma les Carmes  Orléans

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Le destin bande annonce

Au XIIième siècle, le calife El Mansour, désirant amadouer les intégristes, ordonne l’autodafé de toutes les œuvres du philosophe Averroès. Les disciples et les proches de ce dernier décident d’en faire des copies et de les passer à travers les frontières. Un film au contenu très actuel !

jeudi 28 Avril -18h 30

Cinéma les Carmes Orléans

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Un voyage politique au long cours, profond mais aussi plein de promesses pour le peuple égyptien à travers un dialogue complice entre un paysan égyptien Farraj et la réalisatrice qui le suit, caméra à l’épaule.

Samedi 30 Avril 18h

cinéma les Carmes-Orléans

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Une comédie où deux amis d’enfance se trouvent avoir un pied en Savoie et un autre en Algérie. Le sport (ski de fond ) fait le lien entre les cultures, les racines, les hommes, la famille, le boulot.

Lundi 29 Avril -20h

Cinéma le Dunois -Beaugency

Trois femmes d’aujourd’hui, aux vies totalement différentes, s’unissent pour combattre le machisme impuni qui sévit au Caire dans les rues, dans les bus et dans leurs maisons. Mais qui sont ces mystérieuses femmes qui ébranlent une société basée sur la suprématie de l’homme ?

 

« Encore et encore » : un événement Diwan-Centre autour de la danse

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La démarche initiale de Diwan Centre repose sur une idée simple:  c’est parce qu’il y a une différence qu’il peut y avoir une rencontre. C’est donc sur cette envie de multiplier les espaces et les moments de rencontres que s’est construit le projet de notre  association.

La soirée « Encore et encore » est le troisième volet d’une série qui a voulu présenter lors d’une même soirée  des artistes venus d’horizons et de cultures différentes, concrétisant notre envie  de faire des ponts entre les cultures . Un fil rouge  pour faire le lien :

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 Le Samedi 11 Avril 2009 en cette même Maison des Arts & de la Culture St Marceau d’ Orléans, qui  nous accueillera le 9 Avril ,  Diwan-centre a mis en perspective deux groupes d’artistes rassemblés respectivement autour d’une chanteuse. L’une faisait raisonner la plainte du fado, l’autre faisait retentir l’énergie mais aussi la mélancolie de la tradition italo-tzigane.

La méditerranée s’accorde

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Le samedi 31 mars 2012 à la salle Albert Camus Orléans, Diwan-Centre présentait un voyage musical méditerranéen entre la Syrie et l’Espagne au son du luth et de la guitare.Au luth, Mohammed Ali, originaire de Tartus (Syrie) et premier luthiste du groupe Al Almin (Association Lorraine de musique et instruments du monde), répondait, à la guitare, Daniel Barba Moreno. Lui-même originaire de Jerez de la Frontera, cet artiste s’est produit à travers toute l’Andalousie. Il interprète un flamenco populaire, chargé de l’empreinte de la présence arabe en Espagne.

duo improvisé entre daniel barba moreno et Mohammed Ali

Alors ,voilà donc un troisième volet, un troisième fil rouge, après celui du chant au féminin, après celui des cordes et des musiciens qui les font vibrer, vient un moment de rencontre autour de la danse.

Deux artistes, deux danseuses viendront montrer, démontrer comment l’expression du corps peut nous renvoyer à une nécessité, celle de répéter qu’il nous faut entretenir notre flamme intérieure, encore et encore, encore et toujours.

Les artistes

Jasmina PROLIC

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Née à Sarajevo, Yasmina a vécu en Bosnie jusqu’à l’éclatement de la guerre en 1992. Diplômée du Conservatoire National de Paris,  elle a travaillé  avec différents chorégraphes de renom tels que Jean Claude Gallota, Joachim Schlomer, Maguy Marin, ou Palle Granhoj en France, Suisse, Allemagne, et au Danemark, et a tourné avec ces compagnies dans le monde entier.

En 2002 elle a finalement crée sa propre compagnie : la compagnie Jasmina à Orléans.

Elle anime  régulièrement des ateliers de danse contemporaine en milieu scolaire et universitaire,et  hospitalier, ainsi que dans le cadre de résidences et tournées de la compagnie, pour des danseurs amateurs et professionnels. Elle est par ailleurs artiste associée à « Danse au Cœur », association pour la promotion de la danse à l’école.

Grâce à son implication dans deux pays et dans plusieurs réseaux artistiques, elle peut créer des liens et mettre en place des ponts entre les cultures. En 2007, elle a par exemple organisé les « Rencontres Chorégraphiques des Balkans » à Orléans où elle a invité des danseurs de Slovénie, Macédoine, Croatie, Serbie et Bosnie-Herzégovine. A la suite de cet évènement, elle a mis en place un important projet de coopération européenne dans le domaine de la danse avec la Croatie, la Hongrie et le Portugal, qui a eu lieu entre Juin 2009 et Juin 2011.

Jasmina s’intéresse à l’existence, aux histoires des êtres. Elle se heurte au monde. Un monde violent et parfois absurde. Un monde où le déracinement oblige à chercher au fond de soi l’énergie de se battre pour sa survie. Elle trouve chez des écrivains comme le libanais Amin Maalouf, ou encore les Yougoslaves Mesa Selimovic, Danilo Kis et Alexandre Tisma, matière à réflexion sur des sujets qui la touchent de près : l’identité, la communication et la paranoïa, la culpabilité des survivants, la destruction, la déconstruction, la déformation.

Des cultures balkaniques, elle garde un certain goût pour la spontanéité, l’expressivité, la théâtralité. Sa gestuelle est marquée par l’alternance entre maîtrise et lâcher prise, conscience et inconscience, précision et imprévisibilité.

Originaire d’un pays où la danse contemporaine est encore embryonnaire mais où les rites collectifs sont marqués par la rencontre des traditions orientales et occidentales, Jasmina Prolic cherche à établir un dialogue avec un large public pas nécessairement sensibilisé à la danse contemporaine.

Le 9 Avril elle nous présentera un spectacle en solo  intitulé « Sarajevo, 25 Avril, dix heures du matin ou pourquoi  » qui a remporté le premier prix au concours des jeunes chorégraphes de France à Albi.

Cécilia Cappozzo

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Pianiste de formation , « la Cecilia » a découvert le flamenco à Tours à l’âge de 19 ans et est partie vivre à Jerez de la Frontera pour mieux connaître cet art .

Depuis son retour en France elle  fait connaître le flamenco traditionnel en proposant des cours, des stages et des spectacles, en gardant toujours à l’esprit la générosité et la force inhérentes à cet art.

Le 9 Avril prochain elle nous présentera un nouveau spectacle en AVANT PREMIERE .Elle sera accompagnée de trois musiciens et un chanteur. Ce spectacle exceptionnel n’est pssoble que grâce au soutien de la région Centre et de Spedidam à la création de spectacles.

le site de Cécilia

Alors, aucune hésitation.  Réservez dès maintenant votre soirée du 9 Avril . Pour ceux qui ne connaissent pas,  la MAM se trouve à coté du Lycée Peguy. La participation aux frais pour ces deux spectacles de qualité , qui se répondent   est de 15 Euros , tarif réduit pour les étudiants et les chômeurs.  Vous pouvez

  • vous inscrire à l’événement annoncé sur notre page facebook en cliquant sur « j’y vais »         https://www.facebook.com/events/1083972054988273/
  • nous envoyer un message de réservation  à l’adresse e mail de l’association avec vos noms , prénoms,  adresse, téléphone

Fouad Laroui : Identité , altérité et un peu de Bach

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La salle d’honneur de l’hôtel Dupanloup était comble ce vendredi  15 janvier pour accueillir le talentueux Fouad Laroui, cet écrivain doué en diable, couronné de nombreux  prix littéraires, qui se définit lui même comme un « marocain des polders » .

Une pensée taraude sans doute ceux qui ont manqué l’évènement littéraire orléanais de ce début d’année,  venu éclairer l’actualité morose entre le bourbier syrien, les faux dévots kamikazes, les fiches S,  le réchauffement climatique et pour toute consolation la famille Le P.. ,le père , la fille-, la petite fille- Tiens il manque le Saint Esprit- et la déchéance finale!  Fouad Laroui allait-il  nous aider à trouver  des réponses réconfortantes aux questions éternelles :  » Qui suis-je? D ‘où viens-je ? Où vais-je ? » . Et que diable cachait ce titre mystérieux : « identité, altérité et un peu de Bach » ?

Il lui arrive d’être sérieux.

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D’aucuns l’attendaient sur la question de l’islamisme qu’il a étudiée dans son traité « de l’islamisme, une réfutation personnelle du totalitarisme religieux »  paru en 2006. Dix ans après la parution de cette étude, ses prises de position ont évolué, comme on a pu le constater lors de l’émission d’Arte. Mais  ce soir là,  ce ne fut point le cœur de son propos.  Cinquante ans plus tôt victime innocente  du climat malsain de la guerre d’Algérie, le cinéaste algérien Khateb Yacine s’était fait huer par le public orléanais en ce même Hôtel Dupanloup.  Nulle intention donc d’enfourcher le cheval de Jeanne d’Arc pour embrocher  les barbus de tout poil, qui le défrisent, ni d’évoquer de but en blanc  les questions qui fâchent comme celle du drame linguistique marocain, qui lui tient pourtant à coeur.  Ecraser l’infâme, il ne s’en prive guère, mais avec élégance et  légèreté !

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Fouad Laroui est un narrateur, un conteur, qui d’anecdote en anecdote nous a  balladés dans son histoire personnelle, et fait  rencontrer ceux et celles qui ont inspiré les personnages de ses romans et nouvelles, du ministre saoul inaugurant le festival africain de Khouribga, à la femme la plus riche du Yorkshire qui héberge son ex-mari dans sa cabane au fond du jardin,  rien n’échappe à sa verve et sous sa baguette magique la vie devient un éclat  de rire.

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D’ailleurs
il ne serait pas  étonnant de retrouver ses aventures orléanaises dans un de ses  prochains romans. Vous aurez tous compris que son identité est synonyme d’altérité. Une altérité, semble t-il plus facile à assumer, aux Pays-bas que dans son pays natal où « radio trottoir » fonctionne à la vitesse de la lumière ou dans notre pays, où l’identité passe par des tiroirs bien cloisonnés. « Arrivé aux Pays-Bas en étranger, je suis devenu néerlandais, tout en restant ce que j’étais. Un Marocain ayant étudié en France, un scientifique cosmopolite devenu écrivain, qui s’est fondu dans une société curieuse de l’autre. On imagine mal la fluidité des élites néerlandaises, si différentes des nomenklaturas françaises »

Et Bach  dans tout cela? Ah , la messe en si mineur ,ou mieux la passion selon saint Mathieu  jouée par une famille de pasteur, celle que l’on écoute les yeux fermés ! Y a t-il quelque chose de plus beau au monde ?

 Passion selon Saint Mathieu -Erbarme dich mein Gott!

Nous laisserons à  Fouad Laroui le mot de la fin.

le mot de la fin en images

 

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Diwan-Centre invite Fouad Laroui

   Un évènement Diwan-Centre  en partenariat avec  l’Université d’Orléans

                                              Fouad Laroui à Orléans !

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Si vous ne connaissez pas Fouad Laroui, alors précipitez-vous chez votre libraire préféré et faites vous plaisir! Ses écrits sont un régal, un pur moment de bonheur. Vous n’avez que l’embarras du choix. Titulaire de la grande médaille de la francophonie de l’Académie française, Prix Goncourt de la nouvelle en 2012″, prix Jean Giono en 2014, Fouad Laroui est l ‘étoile montante de la littérature marocaine d’expression francophone .

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extrait et présentation video par l’auteur

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extrait et présentation video par l’auteur

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présentation par l’auteur

Et comme si cela ne suffisait pas , il est aussi chroniqueur à la radio marocaine Medi 1 et chroniqueur littéraire à jeune Afrique. Lisez le ou écoutez le !: Vous trouverez sous les liens de petits bijoux propres à vous faire pleurer de rire.

les dix dernières émissions de Fouad Laroui sur med1

chroniques de Fouad Laroui dans « Jeune Afrique »

Fouad Laroui est  profondément multiculturel .

Né au Maroc, il a baigné dans la culture française , pour avoir fait toute sa scolarité au lycée français de Casablanca, puis en France à l’école des Mines et à l’école des Ponts et Chaussées. Sorti ingénieur, il travaillera quelques années dans l’industrie des phosphates. Mais  les richesses culturelles l’intéressaient plus que  les richesses du sous-sol marocain. En 1989 il  change de vie et de pays et séjourne quelques années  à  Cambridge, puis  à York. Désormais docteur en sciences économiques il finit par s’installer en Hollande  où il enseigne d’abord l’économétrie, puis les sciences de l’environnement. Après avoir assuré trois ans le cours de culture arabe à l’université d’Amsterdam, il y enseigne aujourd’hui la littérature française et francophone. Ecrivain d’un « pays sans frontières », il considère que « nous sommes tous des migrants qui nous tendons les uns les autres un miroir, le long d’un chemin… ». Ceci n’ empêche d’ailleurs nullement ce caméléon, surdoué des langues, de mettre au centre de sa réflexion la question de l’identité.

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Fouad Laroui, poète néerlandais

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Le style Laroui

Fouad Laroui porte un regard corrosif sur le monde d’aujourd’hui. Son  humour, teinté de tendresse pour décrire les travers de notre société, c’est sa façon de « dénoncer la bêtise sous toutes ses formes, la méchanceté, la cruauté, le fanatisme et la sottise. » Il ne se prive pas de se gausser  de la société marocaine,  mais  il le fait avec tact et finesse. Comique de situation, quiproquos, jeux de mots, néologismes contribuent  à créer une certaine  distanciation qui le préservent du propos sentencieux ou militant. Ses livres sont  appréciés de part et d’autre de Gibraltar .

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extrait et présentation par l’auteur

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extrait et présentation par l’auteur

On le compare parfois au regretté Driss Chraïbi avec lequel il partage cette façon de faire de  notre réalité un réservoir d’histoires absurdes, drôles et tragiques à la fois. La comparaison s’arrête là.  Laroui n’a pas besoin de comparaisons. Laroui joue avec les mots comme le conteur sur la place, surfe avec l’absurde pour mieux se moquer. Dommage pour ceux qui ne comprennent pas son humour!

Humaniste, il pourfend de sa plume  l’islamisme et le  totalitarisme religieux avec ce même  humour qui le caractérise. Et comme c’est péché de rire tout seul cet article est l’occasion de vous en faire profiter un peu. Une petite sélection..

« le big bang papal »    « les poulets du halal »       « hooligans et talibans »

« barbares d’ici et d’ailleurs  »     « la croix et la bannière »

  

Plus sérieusement il a consacré un an de sa vie à la déconstruction du discours intégriste et de son cortège d’interdits religieux.

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interview de l’auteur .

émission 28 Minutes sur arte-le 17 décembre 2015-( à 14 minutes 03 un débat sur le djihadisme. Invités : Fouad Laroui et Olivier Roy

« C’est quoi l’islamisme ? L’utilisation politique de l’islam ? Bien sûr. Mais nous allons plus loin c’est la dénaturation d’une foi, c’est l’exact contraire de la foi. Et c’est surtout une construction qui semble solide mais qui ne repose en fait sur rien. Du sable, du vent, un mirage, comme vous voudrez. C’est ce que nous voudrions démontrer ici. . » (extrait de l’introduction)

« Identité, tolérance, respect de l’individu , voilà trois valeurs qui m’intéressent parce qu’elles sont malmenées ou mal comprises dans nos pays du Maghreb et peut-être ailleurs en Afrique et dans les pays arabes.  » (Le magazine littéraire -Avril 1999).

Rendez -vous le 15 Janvier à Orléans 18 h 30 à l’ Hôtel Dupanloup  !

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Cet évènement Diwan-Centre est organisé en partenariat avec  l’Université d’Orléans et  le Centre International Universitaire pour la recherche qui nous accueillera dans ce lieu magnifique. L’  ancien palais épiscopal  du 17°/18 ° siècle, symbole de la France humaniste et laïque, dédié aujourd’hui  à l’accueil des chercheurs et universitaires étrangers. Un lieu digne de notre invité de marque qui dédicacera quelques livres proposés par la Librairie des Temps modernes .

 

Solidaires

Marianne pleure

Jocelyne et Abdellatif Laâbi agressés à leur domicile.

« ..pour que la barbarie ne tue pas jusqu’à l’espoir »

Qui à Diwan- Centre pourrait avoir oublié le passage  du célèbre écrivain marocain de langue française Abdellatif Laâbi à Orléans lors de la soirée « Hommage à Mahmoud Darwich »? Qui pourrait avoir oublié qu’un an plus tard sa femme Jocelyne nous faisait l’honneur d’une lecture publique  de quelques uns de ses contes à l’occasion du « Festival Moussem » à Ormes?

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2009 : Bibliothèque municipale d’Ormes

 

2008 : Cinéma les Carmes

Cliquer sur le lien pour  écouter : « Hommage à Mahmoud Darwich »

C’est donc avec une grande émotion que nous avons appris que le 19 Octobre ils  ont été agressés à l’arme blanche à leur domicile de Rabat. Miraculeusement rescapés, ils ont réintégré leur domicile français où ils sont suivis médicalement. Voici les dernières nouvelles :

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Photo   : http://www.albayane.press.ma/?tmpl=component&print=1&option=com_content&id=26849
 » Les blessures à la tête infligées à Jocelyne ont nécessité huit points de suture. Un éclat de la poterie utilisée par l’agresseur pour la frapper est encore incrusté dans sa boîte crânienne. D’autres coups lui ont cassé trois dents et provoqué de multiples ecchymoses.
 Me concernant, le coup de couteau porté à mon cou est passé à quelques millimètres de la carotide mais il a touché ma trachée artère, ce qui a provoqué un emphysème sous-cutané. En outre, ma cage thoracique a été sérieusement endommagée (plusieurs côtes cassées).
Les médecins qui m’ont pris en charge le 30 octobre dernier à l’Hôpital intercommunal de Créteil m’ont prescrit des explorations supplémentaires dont ils attendent les résultats pour se prononcer sur la réalité de mon état de santé et me prodiguer les soins adéquats.
Quant à la signification de ce qui nous est arrivé, nous n’avons plus de doute au moins sur un point : l’intention de notre agresseur n’était pas le vol. Dès son intrusion dans notre maison, il m’a attaqué directement au couteau et en visant avec précision un endroit du corps où l’arme pouvait causer l’irréparable.
Mais, en toute objectivité, nous ne pouvons pas nous prononcer sur le mobile d’un tel acte, et donc sur l’hypothèse qu’il ait pu être commandité. Quoi qu’il en soit, nous nous en sommes remis à Maître Abderrahim Jamaï, du barreau de Rabat, pour suivre le dossier, demander aux autorités judiciaires de mener des interrogatoires complémentaires de l’accusé afin qu’aucune piste ne soit négligée. »
 

Au lendemain de cette odieuse agression, nous leur avons immédiatement adressé un message de soutien auquel  ils ont répondu.

 Chères amies, chers amis,
>
> Pardonnez-nous de ne pas pouvoir répondre à chacun de vous en particulier. Vu les circonstances, nous sommes sûrs que vous le comprendrez aisément. Permettez-nous alors de reprendre ici le petit message de remerciements que nous avons publié sur la page Facebook d’Abdellatif et qui disait ceci :
> Un grand merci à vous toutes et tous ( amies, amis, membres de notre famille, associations, au Maroc et ailleurs de par le monde) qui nous avez exprimé votre soutien après l’agression que nous avons subie le dimanche 19 octobre dernier dans notre maison de Harhoura, près de Rabat.
> Vos messages nous ont profondément émus et réconfortés. Ce souffle exceptionnel de fraternité nous aide beaucoup à surmonter la rude épreuve physique et psychologique à laquelle nous avons été confrontés. Quoi qu’il en soit, nous continuerons à fredonner avec Mahmoud Darwich : « Et nous, nous aimons la vie, autant que possible ».
> Jocelyne et Abdellatif Laâbi

La page d’accueil du site d’Abdellatif Laâbi s’ouvre sur ce poème écrit au lendemain des attentats de Charlie Hebdo. Il n’y a rien à rajouter .

Ce texte, une humble prière pour que la barbarie ne tue pas jusqu’à l’espoir


J’atteste qu’il n’y a d’Être humain
que Celui dont le cœur tremble d’amour
pour tous ses frères en humanité

images Celui qui désire ardemment
 plus pour eux que pour lui-même
 liberté, paix, dignité
Celui qui considère que la Vie
est encore plus sacrée
que ses croyances et ses divinités
J’atteste qu’il n’y a d’Être humain
que Celui qui combat sans relâche la Haine
en lui et autour de lui
Celui qui dès qu’il ouvre les yeux au matin

 se pose la question :
Que vais-je faire aujourd’hui pour ne pas perdre
ma qualité et ma fierté
d’être homme ?

site d’Abdellatif Laâbi

page facebook d’Abdellatif Laâbi

et pour terminer une invitation à participer à une soirée organisée à Orléans par l’Association Couleur 136 . 11

 

 

 


 


Fatima- Un film de Philippe Faucon

Le Jeudi 1er octobre,à 19 h 30 , le cinéma des Carmes à 0rléans propose  en avant-première FATIMA, le dernier film de Philippe Faucon. Ce dernier sera présent pour discuter après la projection. Une soirée à ne pas manquer!
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Un film de Philippe Faucon (Fr, 1h19) Film présenté à la quinzaine des réalisateurs/ Cannes 2015
Synopsis
Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu’il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

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